La Fed retourne sa veste sur l'inflation, à quelles répercussions faut-il s'attendre ?

Dernière mise à jour : 31 mai






L’inflation qui approche dangereusement des 5% annuel en France et même plus en Europe (ce qui n’avait pas été vu depuis les années 1980) met la FED et son président Jérôme Powell dans une situation bien délicate.


L’inflation, c’est la perte de la valeur de la monnaie dans le temps. Elle se mesure par l’augmentation généralisée des prix. En effet, 100 € en 2010 offrait un plus grand pouvoir d’achat que 100 € aujourd’hui.


Lorsqu’elle est comprise entre 0.5% et 2% et qu'elle est corrélée à la croissance, l’inflation est un phénomène normal, c’est même quelque chose de sain pour l’économie.

Contrairement à ce que laisse penser l’actualité récente, l’inflation que nous subissons aujourd’hui n’est pas du tout une surprise et elle n’est pas uniquement due à la guerre.


Cette inflation est attendue depuis longtemps par les économistes et les analystes. La raison ? Le quantitative easing ou l’injection monétaire (lorsque la planche à billets tourne à plein régime).


Nous commençons donc à ressentir les effets du « quoi qu’il en coûte » des banques centrales américaines et européennes qui ont déversé des milliards et des milliards de dollars et d’euros pour soutenir l’économie et la croissance. Pour vous en rendre compte, depuis 2020, nous sommes passés de 13 000 milliards d’euros en circulation à 16 000 milliards d’euros aujourd’hui. Cela signifie qu’environ 20% de tous les euros jamais créés l’on été ces deux dernières années. Pour les États-Unis l’impression monétaire a été encore plus importante avec 35% de tous les dollars jamais crées qui l’on été en seulement deux ans.


Le seul moyen qui était envisageable pour que l’inflation n’explose pas était d’avoir en face de cette inflation une croissance tout aussi importante ce qui était quasiment impossible avec les différentes restrictions sanitaires à travers le monde.

L’inflation s’est aussi installée à cause du commerce international et des problèmes réguliers sur les chaines d’approvisionnement qui ont créé des pénuries de certaines matières premières et de produits ce qui a fait monter les prix des biens. L’énergie a également beaucoup pesé sur la hausse des prix et la guerre en Ukraine a bien évidemment aggravé la situation.


Alors pourquoi la FED se retrouve dans une situation délicate ?


Parce que durant toute l’année 2021, Jérôme Powell n’a fait que répéter que l’inflation serait transitoire et que la FED n’était pas prête à réduire l’injection de liquidités ni à commencer une remontée de ses taux directeurs. Le discours était d’ailleurs le même du côté de Christine Lagarde (présidente de la Banque Centrale Européenne).


Résultat, c’est ces dernières semaines que la FED s’est réveillée et a commencé à faire remonter ses taux.


Il y a fort à parier qu’il soit trop tard pour faire les choses en douceur et les actions des banques centrales pourraient maintenant avoir des répercussions importantes sur des marchés déjà fragilisés par la situation géopolitique.


Il faut donc s’attendre à ce que la banque centrale américaine remontent ses taux directeurs beaucoup plus fortement que ce qui était prévu. En Europe la situation est plus délicate pour la BCE car plusieurs pays se retrouveraient en difficultés si les taux venaient à remonter trop rapidement.


Et vous, pensez-vous que l’inflation va s’installer pour plusieurs années ? Il s'agira alors de trouver un moyen de ne pas voir son épargne fondre face à l'inflation.


L'équipe BDC.




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