Investir via une holding : un levier majeur pour développer son patrimoine
L’un des premiers éléments qui distingue les investisseurs aisés est leur manière de structurer leurs investissements. Là où un particulier investit généralement en nom propre, les entrepreneurs privilégient souvent une société holding.
Une holding est une structure qui détient des participations dans d’autres sociétés. Elle n’est pas une forme juridique spécifique en soi, mais un outil qui permet d’organiser et de piloter un patrimoine professionnel et financier. Son intérêt principal réside dans sa capacité à augmenter significativement la capacité d’investissement.
Prenons un cas concret. Une société qui génère 100 000 euros de bénéfices va d’abord s’acquitter de l’impôt sur les sociétés. Une fois cet impôt payé, il reste environ 79 000 euros. Si ce montant est distribué à titre personnel, il subira ensuite la fiscalité des dividendes, ce qui ramène le capital réellement disponible autour de 55 000 euros.
En revanche, si les dividendes sont remontés dans une holding, le mécanisme fiscal est beaucoup plus favorable. Grâce au régime mère-fille, la fiscalité est limitée à un frottement d’environ 1 %. Résultat : près de 78 500 euros restent disponibles pour être réinvestis.
La différence est considérable. À chaque cycle, l’investisseur dispose de davantage de capital pour investir, ce qui crée un effet boule de neige particulièrement puissant sur le long terme. C’est l’une des raisons principales pour lesquelles les entrepreneurs structurent leur patrimoine de cette manière.
Des investissements finalement assez classiques dans leur nature
Contrairement à une idée largement répandue, les investisseurs fortunés n’utilisent pas exclusivement des produits exotiques ou confidentiels. Une grande partie de leur patrimoine financier repose sur des actifs bien connus : actions, obligations ou encore ETF.
Ces investissements sont souvent logés dans des enveloppes adaptées, comme des comptes-titres ou des contrats de capitalisation lorsqu’il s’agit de personnes morales. Ce dernier support, proche dans son fonctionnement de l’assurance vie, permet de capitaliser les gains dans un cadre fiscal avantageux.
La véritable différence ne réside donc pas dans les supports eux-mêmes, mais dans la manière dont ils sont utilisés. En investissant via une société soumise à l’impôt sur les sociétés, les gains peuvent être capitalisés avec une fiscalité souvent plus douce en cours de vie que celle applicable à titre personnel. Cette mécanique permet d’accélérer la croissance du capital sur le long terme.
Le private equity : une classe d’actifs centrale chez les grandes fortunes
S’il existe une classe d’actifs qui distingue réellement les patrimoines élevés, c’est le private equity, c’est-à-dire l’investissement dans des entreprises non cotées.
Ce type d’investissement regroupe différentes stratégies, allant du financement de start-up au capital-développement d’entreprises en croissance, jusqu’aux opérations de rachat avec effet de levier. Pour les investisseurs expérimentés, il s’agit d’un univers particulièrement attractif car il permet d’accéder directement à l’économie réelle.
Historiquement, le private equity était réservé aux institutionnels et aux très grandes fortunes, notamment en raison de tickets d’entrée très élevés. Aujourd’hui, même si l’accès s’est démocratisé, il reste principalement utilisé par des investisseurs disposant d’un capital conséquent.
Ce qui explique son succès est double. D’une part, les performances historiques ont été élevées sur longue période, même si elles restent très variables selon les fonds. D’autre part, les entrepreneurs apprécient particulièrement cette classe d’actifs car elle fait écho à leur propre expérience : investir dans une entreprise, comprendre son modèle, accompagner sa croissance.
Il convient toutefois de rappeler que ces investissements présentent des contraintes importantes, notamment en termes de liquidité et de risque. La sélection des fonds et des équipes de gestion est déterminante.
Les club deals immobiliers : une approche plus ciblée de l’immobilier
Au-delà des placements financiers classiques, les investisseurs fortunés se tournent également vers des opérations immobilières plus spécifiques, comme les club deals.
Contrairement aux solutions plus diversifiées comme les SCPI, un club deal consiste à investir collectivement dans un projet précis. Il peut s’agir, par exemple, de la rénovation d’un hôtel, de l’acquisition d’un immeuble ou encore d’un projet immobilier à forte valeur ajoutée.
L’investisseur sait exactement dans quoi il place son argent, ce qui renforce la lisibilité de l’opération. En contrepartie, le risque est plus concentré puisque l’investissement porte souvent sur un seul actif.
Ces opérations sont généralement accessibles à partir de montants significatifs, ce qui explique qu’elles soient majoritairement utilisées par des patrimoines déjà conséquents. Elles offrent toutefois des perspectives de rendement intéressantes sur des horizons relativement courts, souvent compris entre deux et cinq ans.
Investir dans des entreprises : un réflexe naturel pour les entrepreneurs
Chez les chefs d’entreprise, l’investissement dans des sociétés est une démarche presque instinctive. Disposant d’une expertise dans le monde entrepreneurial, ils privilégient naturellement ce type d’actifs.
Cela peut se traduire par des prises de participation dans des entreprises existantes, des investissements dans des projets en développement ou encore des opérations de croissance externe. Dans tous les cas, l’objectif reste le même : faire fructifier un capital dans un univers qu’ils maîtrisent.
Cette approche présente un avantage majeur : elle permet de donner du sens à l’investissement, en s’appuyant sur des compétences concrètes plutôt que sur une simple logique financière.
Le levier du crédit : un accélérateur puissant de création de richesse
Un autre élément fondamental dans la stratégie des investisseurs fortunés est l’utilisation du levier de la dette. Là où certains perçoivent l’endettement comme un risque, ils y voient un outil de développement.
Le principe est relativement simple : emprunter à un coût maîtrisé pour investir dans des actifs offrant un rendement supérieur. Lorsque l’écart entre le coût du crédit et la rentabilité de l’investissement est positif, cela permet de créer de la richesse de manière accélérée.
Dans ce cadre, les investisseurs disposant de sociétés rentables bénéficient d’un accès facilité au financement. Les banques ne se limitent pas aux critères classiques appliqués aux particuliers et peuvent accompagner des projets d’envergure lorsque les fondamentaux économiques sont solides.
Ce recours au crédit permet non seulement d’augmenter la taille des investissements, mais aussi de conserver des liquidités pour saisir d’autres opportunités.
Utiliser la dette pour éviter la fiscalité : une stratégie avancée
À un niveau encore plus élevé, certains investisseurs vont plus loin en utilisant leurs actifs comme garantie pour emprunter, sans avoir à les vendre.
Cette technique consiste à nantir un portefeuille financier ou des titres de société afin d’obtenir un financement. L’objectif est de disposer de liquidités tout en évitant la réalisation de plus-values imposables.
Cette approche, largement utilisée par les très grandes fortunes, permet d’optimiser la fiscalité tout en conservant l’exposition aux actifs. Elle reste toutefois réservée à des profils disposant d’un patrimoine important et d’une structuration adaptée.
La holding est-elle adaptée à tous les profils ?
Face à ces stratégies, une question se pose naturellement : faut-il systématiquement créer une holding pour investir ?
La réponse est nuancée. Si cet outil est particulièrement efficace dans certains cas, il n’est pas universel.
Pour les entrepreneurs générant des bénéfices significatifs et ayant vocation à réinvestir ou à céder leur entreprise, la holding peut s’avérer extrêmement pertinente. En revanche, pour des montants plus modestes ou des projets ponctuels, elle peut rapidement devenir contre-productive en raison des coûts et de la complexité qu’elle implique.
Il est donc essentiel d’inscrire cette réflexion dans une stratégie globale, adaptée à la situation personnelle et professionnelle de chacun.
Conclusion : une approche globale bien plus qu’un simple choix d’investissements
Au fond, la question “comment investissent les riches ?” dépasse largement le choix des placements.
Ce qui caractérise les patrimoines les plus importants, c’est avant tout une approche structurée et cohérente. Ils optimisent leur fiscalité, maximisent leur capacité d’investissement, diversifient intelligemment leurs actifs et utilisent le crédit comme un levier de croissance.
Autrement dit, ce n’est pas l’accès à des opportunités extraordinaires qui fait la différence, mais la manière de les exploiter dans une stratégie globale.
Et c’est précisément cette logique qui peut être adaptée, à différentes échelles, par tout investisseur souhaitant développer son patrimoine sur le long terme.
Aller plus loin avec le podcast du cabinet
Cet article est issu d’un épisode du podcast « L’art de la gestion patrimoniale et financière », dans lequel Axel Gaudet, expert financier du cabinet Bonnet Doyen Conseil, décrypte en détail comment investissent réellement les riches : structuration via holding, place du private equity, utilisation du crédit et stratégies concrètes pour accélérer la création de patrimoine.
L’épisode est disponible sur Spotify, Apple Podcasts et YouTube.
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FAQ : Comment investissent les riches ?
Les riches investissent-ils dans des placements différents du grand public ?
Contrairement à une idée reçue, les personnes fortunées n’investissent pas uniquement dans des produits exclusifs. Elles utilisent souvent les mêmes classes d’actifs que les particuliers, comme les actions, les obligations ou les ETF. La différence réside surtout dans la manière d’investir : elles privilégient des enveloppes fiscales plus efficaces, investissent via des sociétés et optimisent la capitalisation sur le long terme.
Pourquoi les riches investissent-ils via une holding ?
La holding permet d’optimiser la fiscalité et d’augmenter la capacité d’investissement. En évitant la taxation immédiate des dividendes à titre personnel, les investisseurs disposent de davantage de capital à réinvestir. Cela leur permet de bénéficier d’un effet cumulatif beaucoup plus puissant dans le temps.
Quelle part du patrimoine des riches est investie en private equity ?
Chez les investisseurs les plus fortunés, le private equity peut représenter une part très importante du patrimoine financier, parfois supérieure à 50 %. Cette classe d’actifs est particulièrement appréciée pour son potentiel de rendement et sa proximité avec l’économie réelle, même si elle comporte des risques et un manque de liquidité.
Les riches investissent-ils beaucoup dans l’immobilier ?
Oui, mais souvent différemment des particuliers. En plus de l’immobilier locatif classique, ils investissent dans des opérations plus spécifiques comme les club deals immobiliers. Ces projets permettent de cibler un actif précis avec un potentiel de valorisation élevé, sur des horizons généralement plus courts.
Pourquoi les riches utilisent-ils autant le crédit pour investir ?
Le crédit est un outil central dans la stratégie des investisseurs fortunés. Il permet d’augmenter la capacité d’investissement et de profiter de l’effet de levier. En empruntant à un taux inférieur à la rentabilité des investissements réalisés, ils peuvent accélérer significativement la création de richesse.
Est-ce que tout le monde peut investir comme les riches ?
Certaines stratégies sont accessibles à tous, notamment l’investissement en actions ou en ETF. En revanche, d’autres approches, comme le private equity ou les club deals, nécessitent des capitaux importants. De plus, l’utilisation d’une holding ou du levier du crédit dépend fortement de la situation financière et professionnelle de chacun.
Faut-il créer une holding pour investir efficacement ?
La création d’une holding peut être pertinente pour les entrepreneurs qui génèrent des bénéfices importants et souhaitent les réinvestir. En revanche, pour des montants plus modestes ou des investissements ponctuels, elle peut être inutile voire pénalisante en raison des coûts et de la complexité qu’elle implique.
Comment les riches évitent-ils de payer trop d’impôts sur leurs investissements ?
Ils ne cherchent pas à éviter l’impôt, mais à l’optimiser. Cela passe par une structuration adaptée, l’utilisation de sociétés, le choix d’enveloppes fiscales pertinentes et, dans certains cas, des stratégies avancées comme le recours à la dette ou le nantissement d’actifs.
Les riches prennent-ils plus de risques dans leurs investissements ?
Pas nécessairement. Ils diversifient généralement leurs investissements et s’appuient sur une stratégie globale cohérente. En revanche, ils acceptent une part de risque sur certaines classes d’actifs, comme le private equity, en contrepartie d’un potentiel de rendement plus élevé.









