Pourquoi les fonds de banque privée sous-performent-ils souvent les ETF ?
La première chose que l'on met en avant lorsqu'un établissement bancaire vous accompagne concerne la performance des supports intégrés dans votre allocation, que ce soit dans une assurance vie, un plan d'épargne retraite ou un plan d'épargne en actions géré sous mandat. Bien souvent, les fonds proposés sont des fonds maison, c'est-à-dire des produits gérés par la société de gestion de la banque elle-même. Cette pratique est logique d'un point de vue commercial, puisqu'elle est plus rentable pour l'établissement, mais elle n'est pas toujours la plus avantageuse pour l'épargnant. Une alternative bien plus simple existe pourtant grâce aux ETF, ces fonds indiciels qui répliquent la performance d'un indice de référence. Un ETF répliquant le CAC 40 reproduira fidèlement la performance de cet indice, à la hausse comme à la baisse, sans chercher à faire mieux ni moins bien que le marché.
La gestion sous mandat est souvent présentée comme une solution plus sécurisante, avec l'idée qu'un gérant surveille en permanence les investissements pour limiter les pertes en période de crise et profiter des phases de hausse. Dans les faits, plusieurs études menées par de grands médias économiques montrent un écart de performance moyen d'environ deux points de pourcentage par an entre la gestion sous mandat et la performance des marchés, un écart que l'on retrouve également entre les fonds maison et de simples ETF. Ce chiffre peut sembler faible, mais il produit des conséquences très importantes sur le long terme. En investissant 500 euros chaque mois pendant trente ans avec un rendement annuel de 8 pour cent, l'épargne atteint environ 679 000 euros. Avec un rendement de 6 pour cent, plus proche de ce que l'on observe souvent en gestion sous mandat, le capital final tombe à environ 474 000 euros, soit une perte de plus de 200 000 euros uniquement liés à l'écart de performance et à l'accumulation des frais.
Cela ne signifie pas qu'il faille exclure toute gestion active de son portefeuille. Certaines sociétés de gestion parviennent à surperformer durablement leur indice de référence. Toutefois, la majorité des fonds actifs peinent à battre les ETF sur la durée, en particulier sur la poche actions. Avant de choisir un support, il est recommandé de vérifier son classement sur des plateformes spécialisées comme Quantalys, qui permettent de comparer un fonds à son indice de référence et aux autres fonds de sa catégorie, afin de s'assurer qu'il se situe réellement dans le premier quartile de performance.
Quels sont les frais cachés d'un contrat en gestion de patrimoine ?
Le deuxième sujet largement passé sous silence concerne l'accumulation des frais. Un contrat d'assurance vie, un plan d'épargne retraite ou une gestion sous mandat peuvent comporter de nombreuses couches de frais qui, additionnées, réduisent fortement la performance nette perçue par l'épargnant. On retrouve d'abord les frais d'entrée ou frais de versement, pouvant aller de zéro à quatre virgule cinq pour cent selon les contrats. Viennent ensuite les frais de gestion du contrat lui-même, souvent compris entre zéro virgule sept et un virgule trois pour cent selon l'assureur, puis les frais de garde sur un plan d'épargne en actions, les éventuels frais de surperformance prélevés lorsque le gérant dépasse son indice de référence, les frais d'arbitrage, les frais de sortie, les frais de gestion sous mandat et parfois des honoraires liés à une convention de banque privée.
L'objectif n'est pas de faire disparaître tous ces frais, puisqu'un conseiller ou un intermédiaire doit naturellement être rémunéré pour le travail et le conseil apportés. L'enjeu est plutôt d'obtenir une transparence totale sur ce que l'on paie réellement et à qui va cet argent, entre la société de gestion, l'assureur et le conseiller. Un exemple chiffré permet de mesurer l'ampleur du phénomène. Sur une performance brute de six pour cent, un simple frais de gestion de contrat d'environ un pour cent ramène la performance nette à cinq pour cent. Mais dans certains contrats de banque privée cumulant frais d'arbitrage, frais d'entrée, convention de banque privée et gestion sous mandat, la performance nette peut chuter à deux virgule cinq pour cent seulement. Sur un capital de 500 000 euros investi pendant dix ans, une performance nette de cinq pour cent conduit à un capital final d'environ 814 000 euros, contre environ 640 000 euros avec une performance nette de deux virgule cinq pour cent, soit un écart de 174 000 euros uniquement dû à l'accumulation des frais et à la perte de l'effet des intérêts composés.
Pourquoi les frais de gestion sous mandat posent-ils problème sur un fonds euro ?
Un autre point mérite une attention particulière, celui des frais de gestion sous mandat appliqués sur la partie en fonds euro d'un contrat d'assurance vie ou d'un plan d'épargne retraite. Le fonds euro constitue la poche sécurisée d'un contrat, garantie en capital, sur laquelle aucune gestion active n'est réellement effectuée puisque sa performance dépend uniquement de la participation aux bénéfices versée chaque année par l'assureur. Il n'y a donc, sur cette partie du contrat, aucun arbitrage ni suivi quotidien qui justifierait des frais de gestion sous mandat.
Pourtant, certains contrats appliquent ces frais sur l'intégralité de l'enveloppe, y compris sur la portion investie en fonds euro, qui peut représenter jusqu'à 60 ou 80 pour cent de l'allocation. Concrètement, un fonds euro qui supporte déjà des frais de gestion internes compris entre 0,6 et 1 pour cent peut voir sa performance nette amputée d'un supplément de 0,4 pour cent au titre d'une gestion sous mandat qui, dans les faits, ne s'applique pas réellement à cette partie du contrat. Il est donc pertinent de négocier pour que les frais de gestion sous mandat ne portent que sur la partie investie en unités de compte, là où une véritable gestion active a effectivement lieu.
Faut-il un gros patrimoine pour accéder aux meilleures offres de gestion de patrimoine ?
Le troisième point souvent occulté concerne l'accès réel aux différentes offres d'investissement. L'idée répandue est qu'il faut disposer d'un patrimoine conséquent, plusieurs centaines de milliers d'euros, pour pouvoir bénéficier d'une diversification de qualité, d'un accès à l'ensemble du marché ou à des fonds externes performants. Cette perception relève davantage d'une stratégie commerciale que d'une réalité technique. Les établissements bancaires ont en effet intérêt à créer des paliers, où plus le montant confié est important, plus le client se sent valorisé, ce qui permet de justifier une offre de banque privée avec des conventions et des services additionnels facturés en conséquence.
Dans les faits, un accompagnement patrimonial de qualité, incluant une diversification via des fonds de gestion active performants et des ETF, ainsi qu'une sélection ouverte sur l'ensemble du marché, peut être proposé dès des montants beaucoup plus modestes, parfois à partir de 50 000 euros. Ce qui détermine réellement la stratégie d'investissement la plus adaptée n'est pas le montant du patrimoine en lui-même, mais le profil de risque de l'investisseur, son horizon de placement et ses objectifs de diversification. Un accompagnement sur mesure reste donc accessible sans attendre d'avoir constitué un capital très élevé.
Comment optimiser réellement son épargne malgré ces pratiques ?
Ces trois réalités, la sous-performance fréquente des fonds maison et de la gestion sous mandat face aux ETF, l'accumulation souvent invisible des frais et l'accès limité aux meilleures offres en dessous de certains seuils, ne remettent pas en cause l'intérêt de se faire accompagner dans la gestion de son patrimoine. Elles rappellent surtout l'importance de comprendre précisément ce que l'on paie, pourquoi on le paie et ce que l'on obtient réellement en contrepartie. S'informer sur les performances des fonds via des outils comme Quantalys, comparer les différentes couches de frais d'un contrat, vérifier si les frais de gestion sous mandat s'appliquent de façon pertinente et s'assurer que l'offre proposée correspond réellement à son profil d'investisseur, sont autant de réflexes qui permettent d'éviter des écarts de performance qui se chiffrent parfois en centaines de milliers d'euros sur la durée. Un accompagnement patrimonial transparent, adapté à la taille du portefeuille et fondé sur une vraie pédagogie, reste le meilleur moyen de faire fructifier son épargne sereinement.
Foire aux questions sur la banque privée et la gestion de patrimoine
Les fonds maison d'une banque privée sont-ils moins performants que les ETF ?
Dans de nombreux cas, les fonds maison et la gestion sous mandat affichent un écart de performance moyen d'environ deux pour cent par an par rapport à un simple ETF répliquant le marché, ce qui peut représenter plusieurs centaines de milliers d'euros de manque à gagner sur une longue période.
Quels sont les principaux frais d'un contrat d'assurance vie ou de gestion sous mandat ?
On retrouve notamment les frais d'entrée, les frais de gestion du contrat, les frais d'arbitrage, les frais de surperformance et les frais de gestion sous mandat, qui s'additionnent parfois pour réduire fortement la performance nette perçue par l'épargnant.
Pourquoi les frais de gestion sous mandat sur un fonds euro posent-ils problème ?
Le fonds euro ne fait l'objet d'aucune gestion active au quotidien puisqu'il s'agit d'une poche garantie, ce qui rend souvent injustifiée l'application de frais de gestion sous mandat sur cette partie du contrat.
Faut-il un patrimoine important pour bénéficier d'une bonne diversification ?
Non, un accompagnement patrimonial de qualité et une diversification pertinente entre fonds actifs et ETF peuvent être mis en place dès des montants relativement modestes, parfois à partir de 50 000 euros.
Comment vérifier la qualité d'un fonds proposé dans son contrat ?
Il est possible de comparer la performance d'un fonds à celle de son indice de référence et des fonds de sa catégorie grâce à des plateformes spécialisées comme Quantalys, afin de s'assurer qu'il figure parmi les mieux classés.
Est-il possible de négocier les frais avec sa banque ou son conseiller financier ?
Oui, la plupart des frais récurrents comme les frais de gestion sous mandat, les frais d'arbitrage ou les frais de convention de banque privée peuvent faire l'objet d'une négociation, à condition de bien connaître leur montant et leur justification.










