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Quels sont les principaux impôts auxquels un dirigeant d'entreprise doit faire face ?

Avant de chercher à optimiser la sortie d'argent d'une société, il est essentiel de comprendre la liste des impôts et charges qui peuvent s'appliquer. Le premier est l'impôt sur les sociétés, qui frappe directement le résultat de l'entreprise. Vient ensuite l'impôt sur le revenu, qui s'applique aux personnes physiques sur l'ensemble de leurs revenus imposables. La TVA, bien que collectée par la société, est en réalité supportée par le consommateur final, mais reste un élément de gestion important pour le dirigeant. S'ajoutent également la cotisation foncière des entreprises, les prélèvements sociaux sur les dividendes, les charges sociales sur la rémunération et, pour les patrimoines les plus importants, l'impôt sur la fortune immobilière.

Cette accumulation de prélèvements explique pourquoi de nombreux entrepreneurs cherchent des solutions pour limiter la fiscalité globale lorsqu'ils souhaitent transformer le résultat de leur entreprise en revenu personnel disponible.

Comment fonctionne l'impôt sur les sociétés et quels sont ses taux ?

L'impôt sur les sociétés fonctionne avec deux taux distincts selon la taille de l'entreprise et le niveau de bénéfice réalisé. Pour les petites structures qui respectent certaines conditions, un taux réduit de quinze pour cent s'applique sur la fraction du résultat net imposable inférieure à quarante-deux mille cinq cents euros. Au-delà de ce seuil, le taux passe à vingt-cinq pour cent. Pour les sociétés réalisant un chiffre d'affaires supérieur à dix millions d'euros, c'est le taux de vingt-cinq pour cent qui s'applique sur la totalité du résultat, sans bénéficier du taux réduit.

Comprendre ce fonctionnement est essentiel, car il influence directement les choix stratégiques en matière de rémunération, de distribution de dividendes ou de mise en place d'une holding, comme nous le verrons plus loin dans cet article.

Quelle est la différence entre les charges sociales en SAS et en SARL ?

Le statut juridique de l'entreprise a un impact direct sur le niveau de charges sociales supporté par le dirigeant lorsqu'il se verse une rémunération. En SAS, le dirigeant relève du régime général de la sécurité sociale, comme un salarié classique. Les cotisations sociales représentent alors environ soixante-quinze à quatre-vingts pour cent du montant net perçu avant impôt, ce qui constitue une charge particulièrement lourde.

En SARL, lorsque le gérant est majoritaire, il relève du statut de travailleur non salarié et cotise auprès de la sécurité sociale des indépendants. Dans ce cas, le taux de charges sociales se situe plutôt entre quarante et quarante-cinq pour cent pour les rémunérations inférieures à cent mille euros, car les cotisations sociales sont dégressives. Pour atteindre des taux de charges de l'ordre de vingt à trente pour cent, il faut généralement dépasser soixante-dix mille euros de rémunération nette, et ce taux réduit ne s'applique alors qu'à la fraction excédant ce seuil.

Cette différence de régime social est un élément central à intégrer dans toute réflexion sur la manière de se rémunérer en tant que dirigeant.

Comment fonctionne l'impôt sur le revenu et la flat tax pour un dirigeant ?

L'impôt sur le revenu concerne l'ensemble des revenus imposables perçus par un foyer fiscal au cours d'une année, qu'il s'agisse d'une personne seule ou d'un couple marié ou pacsé. Il fonctionne selon un barème progressif composé de plusieurs tranches, allant de zéro à quarante-cinq pour cent, auxquelles peuvent s'ajouter des contributions exceptionnelles pour les foyers aux revenus les plus élevés.

La flat tax, quant à elle, constitue une modalité particulière de prélèvement applicable notamment aux revenus financiers et aux dividendes. Elle se compose d'un prélèvement forfaitaire unique de douze virgule huit pour cent, auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux désormais fixés à dix-huit virgule six pour cent depuis le premier janvier deux mille vingt-six. Le taux global de la flat tax atteint ainsi trente et un virgule quatre pour cent, contre trente pour cent auparavant. Pour de nombreux dirigeants disposant de revenus financiers importants, opter pour la flat tax plutôt que pour le barème progressif de l'impôt sur le revenu permet d'optimiser leur taux moyen d'imposition.

Comment utiliser les chèques CESU et les chèques vacances pour sortir de l'argent sans impôt ?

Parmi les dispositifs les plus simples et pourtant souvent oubliés par les dirigeants, on trouve les chèques CESU et les chèques vacances. Ces deux outils permettent à une société de financer certaines dépenses personnelles du dirigeant de manière particulièrement avantageuse sur le plan fiscal et social.

Concrètement, la société achète ces chèques pour le compte du dirigeant. Cette dépense constitue une charge déductible de l'impôt sur les sociétés, ce qui réduit le résultat imposable de l'entreprise. Du côté du dirigeant, l'attribution de ces chèques n'est pas considérée comme de la rémunération, ce qui signifie qu'elle échappe à l'impôt sur le revenu et aux charges sociales, à l'exception de la contribution sociale généralisée et de la contribution pour le remboursement de la dette sociale.

Ces avantages restent toutefois plafonnés. Les chèques CESU sont limités à environ deux mille cinq cents euros par an et doivent être utilisés pour financer des prestations à domicile, comme l'emploi d'une personne pour le ménage, la garde d'enfants ou le jardinage. Les chèques vacances, plafonnés à environ cinq cents euros par an, peuvent quant à eux financer des dépenses liées aux vacances, comme l'hébergement ou la location saisonnière. Ensemble, ces deux dispositifs permettent de sortir environ trois mille euros d'une société chaque année sans impôt sur le revenu ni charges sociales, tout en bénéficiant d'une déduction au niveau de l'impôt sur les sociétés.

Il est important de noter que si l'entreprise emploie des salariés, ces dispositifs doivent leur être proposés également, et non réservés exclusivement au dirigeant.

Comment fonctionnent les indemnités kilométriques pour un dirigeant d'entreprise ?

Un autre levier souvent négligé concerne le remboursement des frais professionnels engagés personnellement par le dirigeant, et plus particulièrement les indemnités kilométriques. De nombreux entrepreneurs utilisent leur véhicule personnel pour se déplacer dans le cadre de leur activité, par exemple pour se rendre à des rendez-vous clients, sans penser à se faire rembourser ces frais par leur société.

Or, ces déplacements ont été effectués dans l'intérêt de l'entreprise, et le dirigeant a donc le droit d'obtenir un remboursement de la part de sa société. Ce remboursement constitue une charge déductible de l'impôt sur les sociétés, et n'est pas considéré comme de la rémunération pour le dirigeant. Il n'y a donc ni impôt sur le revenu ni charges sociales sur ces sommes, puisqu'il s'agit simplement du remboursement de frais avancés.

Le calcul s'effectue à partir de barèmes kilométriques officiels disponibles sur le site de l'administration fiscale, en fonction du nombre de kilomètres parcourus et de la puissance fiscale du véhicule. Il est toutefois essentiel de bien documenter ces déplacements avec son expert comptable afin que la déduction soit valable et acceptée en cas de contrôle.

Qu'est-ce que le plan d'épargne d'entreprise et pourquoi est-il si avantageux ?

Le plan d'épargne d'entreprise est un dispositif d'épargne salariale qui permet de recevoir certaines primes accordées par l'entreprise, comme la participation, l'intéressement ou l'abondement, dans des conditions fiscales et sociales particulièrement favorables. Ces sommes versées sur le plan d'épargne d'entreprise sont déductibles de l'impôt sur les sociétés pour l'entreprise, et exonérées de charges sociales, à l'exception de la contribution sociale généralisée et de la contribution pour le remboursement de la dette sociale.

Sous réserve de respecter certaines conditions, notamment un blocage des sommes pendant cinq ans, ces versements peuvent également être exonérés d'impôt sur le revenu pour le bénéficiaire, que celui-ci soit un salarié ou le dirigeant lui-même. Des cas de déblocage anticipé existent, comme l'achat de la résidence principale ou le départ de l'entreprise, et n'entraînent pas d'imposition sur le revenu.

Pour illustrer concrètement l'intérêt de ce dispositif, comparons deux situations pour un montant de trois mille euros. Si l'entreprise verse cette somme sous forme de prime classique, le coût total pour l'entreprise s'élève à environ quatre mille trois cent cinquante euros une fois les cotisations patronales ajoutées, et il ne reste finalement qu'environ mille cinq cent quatre-vingt-deux euros nets pour le bénéficiaire, en raison de la fiscalité et des charges sociales appliquées.

À l'inverse, si cette même somme de trois mille euros est versée sur un plan d'épargne d'entreprise, le coût pour l'entreprise reste de trois mille euros, sans cotisation patronale supplémentaire. Après cinq ans, le bénéficiaire récupère environ deux mille sept cent neuf euros, après seulement la contribution sociale généralisée et la contribution pour le remboursement de la dette sociale. Ainsi, plus de quatre-vingt-dix pour cent du montant versé par l'entreprise arrive effectivement dans la poche du bénéficiaire, contre environ trente-cinq pour cent avec une prime classique.

Ce dispositif présente toutefois une contrainte importante, il doit être accessible à l'ensemble des salariés de l'entreprise et ne peut pas être individualisé librement comme une prime au mérite. Il est néanmoins possible d'adapter certains critères de répartition, comme l'ancienneté ou la proportionnalité par rapport au salaire, ce qui permet une certaine souplesse dans la mise en place du dispositif.

Comment fonctionne le régime mère fille pour limiter la fiscalité sur les dividendes ?

Le régime mère fille s'adresse aux entrepreneurs disposant d'une société holding et permet de faire remonter les dividendes de la société d'exploitation vers la holding tout en bénéficiant d'une fiscalité extrêmement réduite. Concrètement, ce régime permet de n'imposer que cinq pour cent du montant des dividendes remontés, au taux maximum de l'impôt sur les sociétés, soit vingt-cinq pour cent. Cela aboutit à une fiscalité effective maximale d'environ un virgule vingt-cinq pour cent sur les sommes transférées, contre trente et un virgule quatre pour cent si ces dividendes avaient été perçus directement par une personne physique.

Pour illustrer l'écart, prenons l'exemple d'une distribution de cent mille euros. En tant que personne physique soumise à la flat tax, il resterait environ soixante-huit mille euros disponibles après impôt. En passant par le régime mère fille, la holding ne paierait que sept cent cinquante euros d'impôt, laissant environ quatre-vingt-dix-neuf mille deux cent cinquante euros disponibles au sein de la holding, soit environ trente et un mille euros de plus.

Il est cependant essentiel de comprendre que ce régime ne supprime pas la fiscalité, il la décale dans le temps. Si les sommes accumulées dans la holding sont ensuite redistribuées à titre personnel, la flat tax s'appliquera à ce moment-là. L'intérêt principal de ce mécanisme réside donc dans la capacité à réinvestir des sommes plus importantes au sein de la holding, par exemple pour financer de nouveaux projets immobiliers ou de nouvelles activités professionnelles, avant toute distribution personnelle.

Comment fonctionne le régime des titres de participation en cas de cession d'entreprise ?

Le régime des titres de participation s'applique lors de la cession d'une entreprise détenue par une société holding, à condition que celle-ci détienne au moins cinq pour cent du capital de la société cédée. Ce régime permet de n'imposer qu'une quote-part de douze pour cent de la plus-value réalisée, au taux maximum de l'impôt sur les sociétés de vingt-cinq pour cent, soit une fiscalité effective maximale d'environ trois pour cent sur la totalité de la plus-value.

Pour mesurer l'impact de ce régime, prenons l'exemple d'une plus-value de cinq cent mille euros réalisée lors de la vente d'une entreprise. En tant que personne physique soumise à la flat tax de trente et un virgule quatre pour cent, il resterait environ trois cent quarante-cinq mille euros disponibles après impôt. En passant par une holding bénéficiant du régime des titres de participation, environ quatre cent quatre-vingt-dix mille euros, soit environ quatre-vingt-dix-sept pour cent de la plus-value, resteraient disponibles pour être réinvestis.

Comme pour le régime mère fille, cette fiscalité n'est pas supprimée mais reportée. Si les sommes sont ensuite distribuées à titre personnel, la flat tax s'appliquera. L'avantage principal réside donc dans la capacité à réinvestir une part beaucoup plus importante du produit de cession dans de nouveaux projets, par exemple grâce à des techniques comme l'apport cession, qui permettent de limiter la fiscalité immédiate tout en maximisant les capacités de réinvestissement.

Quelles sont les erreurs les plus fréquentes à éviter dans ces stratégies ?

La première erreur consiste à oublier purement et simplement l'existence de certains dispositifs, comme les chèques CESU, les chèques vacances ou les indemnités kilométriques, qui représentent pourtant des économies récurrentes et faciles à mettre en place chaque année.

La deuxième erreur concerne le plan d'épargne d'entreprise, trop souvent ignoré par les dirigeants alors qu'il constitue un outil extrêmement performant pour optimiser à la fois la fiscalité de l'entreprise et celle du bénéficiaire, dirigeant comme salarié.

La troisième erreur, plus stratégique, consiste à penser que le régime mère fille ou le régime des titres de participation permettent de supprimer définitivement l'impôt. En réalité, ces régimes décalent la fiscalité dans le temps. Utiliser une holding uniquement pour redistribuer immédiatement la totalité des sommes à titre personnel n'apporte aucun avantage et peut même générer une fiscalité supplémentaire inutile. L'intérêt de ces dispositifs réside dans une stratégie de capitalisation et de réinvestissement sur le long terme.

Enfin, la dernière erreur consiste à mettre en place ces stratégies sans accompagnement adapté. Chaque situation est différente, et la combinaison la plus pertinente entre rémunération, dividendes, holding et dispositifs annexes dépend des objectifs personnels, du niveau de revenus et des projets futurs de chaque dirigeant.

En conclusion, comment optimiser la sortie d'argent de sa société ?

Sortir de l'argent de sa société sans payer d'impôt, ou en limitant fortement la fiscalité, repose sur une combinaison de dispositifs accessibles à de nombreux dirigeants, à condition de les connaître et de les utiliser correctement. Des solutions simples comme les chèques CESU, les chèques vacances ou les indemnités kilométriques permettent déjà de réaliser des économies récurrentes. Le plan d'épargne d'entreprise constitue un outil particulièrement puissant pour optimiser à la fois la fiscalité de l'entreprise et celle du bénéficiaire. Enfin, pour les entrepreneurs disposant ou envisageant de mettre en place une société holding, le régime mère fille et le régime des titres de participation offrent des perspectives de réinvestissement considérables, à condition de les utiliser dans une véritable logique de capitalisation et non de distribution immédiate.

Pour aller plus loin sur ce sujet et découvrir l'ensemble des conseils détaillés par Alexandre Chapotier, nous vous invitons à écouter l'épisode complet du podcast L'Art de la Gestion Patrimoniale, disponible sur Deezer, Spotify et Apple Podcasts.

FAQ

Quels sont les dispositifs les plus simples pour sortir de l'argent de sa société sans impôt ?

Les chèques CESU, les chèques vacances et les indemnités kilométriques permettent de sortir plusieurs milliers d'euros chaque année sans impôt sur le revenu ni charges sociales, tout en restant déductibles de l'impôt sur les sociétés.

Qu'est-ce que le plan d'épargne d'entreprise et qui peut en bénéficier ?

Il s'agit d'un dispositif d'épargne salariale permettant de recevoir des primes comme la participation ou l'intéressement avec une fiscalité très avantageuse, accessible à la fois aux salariés et aux dirigeants, sous réserve d'un blocage de cinq ans.

Le régime mère fille permet-il de ne jamais payer d'impôt sur les dividendes ?

Non, ce régime permet de faire remonter les dividendes vers une holding avec une fiscalité d'environ un virgule vingt-cinq pour cent, mais l'impôt personnel s'appliquera lors d'une distribution ultérieure vers la personne physique.

Comment fonctionne le régime des titres de participation lors de la vente d'une entreprise ?

Il permet de n'imposer qu'environ trois pour cent de la plus-value de cession lorsque celle-ci est réalisée par une holding détenant au moins cinq pour cent du capital, contre environ trente et un virgule quatre pour cent pour une personne physique.

Pourquoi créer une holding pour gérer les bénéfices de son entreprise ?

Une holding permet de capitaliser des sommes importantes avec une fiscalité très réduite et de les réinvestir dans de nouveaux projets, immobiliers ou professionnels, avant toute distribution personnelle.

Faut-il être accompagné pour mettre en place ces stratégies fiscales ?

Oui, car la combinaison la plus adaptée entre rémunération, dividendes, holding et dispositifs annexes dépend de la situation personnelle, des objectifs et des projets de chaque dirigeant.

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