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Un contexte de taux inédit depuis plus de 10 ans

Pour comprendre les opportunités actuelles, il faut revenir à la mécanique des taux d’intérêt. D’un côté, les taux courts, pilotés par les banques centrales, ont baissé en 2025 avec le reflux de l’inflation. Cette évolution a directement pénalisé les placements de court terme.

De l’autre, les taux longs, notamment ceux des obligations d’État, sont restés à des niveaux relativement élevés, autour de 3,5 %. Cette configuration crée une situation particulière : certains placements sécurisés restent attractifs, alors même que les produits classiques voient leur rendement diminuer.

Les placements sans risque : des rendements encore limités

Lorsqu’on parle de placement sans risque, on évoque une garantie en capital. Autrement dit, l’épargnant est certain de récupérer son investissement initial.

Dans cette catégorie, les livrets réglementés restent les plus connus. Pourtant, leur rendement a fortement chuté. En 2026, le Livret A tourne autour de 1,5 %, un niveau très éloigné de l’objectif de 5 %, même en tenant compte de son exonération fiscale.

Les comptes à terme, qui avaient retrouvé de l’intérêt entre 2022 et 2023, suivent la même trajectoire. Les taux proposés se situent désormais autour de 2 % à 2,5 % brut, ce qui devient nettement moins compétitif une fois la fiscalité appliquée.

Les supports monétaires, quant à eux, ont perdu leur attrait avec la baisse des taux courts. Après frais, leur rendement avoisine souvent 1,5 %, ce qui les rend peu pertinents dans une optique de performance.

Les obligations d’État offrent un rendement plus élevé, autour de 3 % à 3,5 %. Elles peuvent être considérées comme sécurisées si elles sont conservées jusqu’à leur échéance. En revanche, leur valeur peut fluctuer en cours de vie, ce qui introduit un risque en cas de revente anticipée.

Le fonds euros : un retour en grâce stratégique

Dans ce paysage, le fonds euros de l’assurance vie s’impose comme le support central pour les épargnants prudents. Il présente deux caractéristiques majeures : une garantie en capital et un effet cliquet, qui sécurise définitivement les intérêts acquis.

Longtemps délaissé en raison de rendements faibles, il bénéficie aujourd’hui de la remontée des taux obligataires. Mais surtout, certains assureurs proposent des offres bonifiées qui permettent d’atteindre, dans certains cas, des rendements proches de 5 % net.

Ces performances ne sont toutefois pas accessibles sans conditions. Elles s’inscrivent généralement dans une logique d’allocation globale, avec une part investie en unités de compte. De plus, ces bonus sont souvent temporaires, sur une durée de deux ans environ.

Viser 5 % : une stratégie plus qu’un produit

Atteindre un rendement global de 5 % sans risque absolu n’est pas possible. En revanche, il devient réaliste d’y parvenir avec une prise de risque très limitée, à condition de raisonner en allocation.

Une approche courante consiste à combiner une part significative de fonds euros avec des supports complémentaires faiblement volatils. Dans ce cadre, le fonds euros permet de sécuriser une base de rendement élevée, tandis que les autres supports viennent compléter la performance globale.

Ces supports peuvent être des obligations d’entreprises bien notées ou des stratégies de gestion visant une volatilité maîtrisée. Ils ne garantissent pas le capital, mais leur niveau de risque reste contenu, ce qui permet de conserver un profil global prudent.

Dans ce type de construction, il devient possible de viser un rendement proche de 5 %, avec un niveau de risque faible, souvent situé entre 1 et 2 sur une échelle de 7.

Attention aux idées reçues sur les placements “sécurisés”

Certains investissements continuent d’être perçus comme sans risque alors qu’ils ne le sont pas réellement. C’est notamment le cas de l’immobilier papier, comme les SCPI.

Les corrections observées récemment sur certaines valorisations, parfois supérieures à 30 %, ont rappelé que le risque en capital est bien réel. À cela s’ajoutent des contraintes de liquidité, des frais d’entrée élevés et une fiscalité souvent lourde.

Dans ce contexte, il apparaît difficile de considérer ces supports comme des alternatives crédibles au fonds euros pour un investisseur prudent.

Une opportunité à saisir… mais qui pourrait ne pas durer

Le contexte actuel est particulièrement favorable aux épargnants prudents. Pouvoir viser 4 à 5 % avec un niveau de risque limité est une situation rare, qui n’existait plus depuis plus d’une décennie.

Mais cette fenêtre dépend directement de l’évolution des taux. Si ces derniers venaient à baisser, les rendements des fonds euros diminueraient progressivement. Les obligations deviendraient également moins attractives, rendant plus difficile l’atteinte de tels niveaux de performance sans prendre davantage de risques.

Conclusion

Le placement sans risque à 5 % n’existe pas en tant que solution unique et universelle. En revanche, il est aujourd’hui possible de construire une allocation permettant d’approcher ce niveau de rendement avec une prise de risque très limitée.

Le fonds euros joue un rôle central dans cette stratégie, notamment grâce aux offres bonifiées proposées par certains assureurs. Mais atteindre 5 % nécessite d’accepter une part de diversification, même maîtrisée.

Dans un environnement incertain, la priorité reste de construire une allocation cohérente avec son profil d’investisseur. Car au-delà du rendement, c’est bien la gestion du risque qui détermine la réussite d’une stratégie patrimoniale sur le long terme.

🎧 Aller plus loin avec le podcast du cabinet

Cet article est issu d’un épisode du podcast « L’art de la gestion patrimoniale et financière », dans lequel Axel Gaudet analyse en détail la notion de placement sans risque et décrypte les solutions concrètes permettant de viser jusqu’à 5 % de rendement en 2026.

L’épisode revient notamment sur le fonctionnement des taux d’intérêt, l’impact de leur évolution sur les différents placements (livrets, obligations, fonds euros) ainsi que sur les stratégies d’allocation permettant d’optimiser le rendement tout en conservant un niveau de risque très maîtrisé.

Vous y découvrirez également pourquoi le fonds euros retrouve aujourd’hui un rôle central dans les stratégies prudentes, ainsi que les limites réelles des placements présentés comme “sans risque”.

L’épisode est disponible sur Spotify, Apple Podcasts et YouTube. N’hésitez pas à vous abonner, à laisser une note et à le partager s’il vous a été utile.

FAQ – Placement sans risque à 5 % : ce qu’il faut savoir

Peut-on réellement obtenir 5 % de rendement sans aucun risque ?

Non, il n’existe pas de placement permettant de garantir 5 % de rendement sans aucune condition. En revanche, dans le contexte actuel, certaines stratégies permettent d’approcher ce niveau avec une prise de risque très limitée, notamment en combinant fonds euros et supports diversifiés.

Quel est le meilleur placement sans risque en 2026 ?

Le fonds euros de l’assurance vie reste aujourd’hui le support le plus performant parmi les placements garantis en capital. Grâce à certaines offres bonifiées, il peut proposer des rendements proches de 4 % à 5 % net, sous conditions d’allocation.

Pourquoi les livrets ne rapportent-ils plus autant ?

Les livrets réglementés sont indexés en partie sur l’inflation. Avec le ralentissement de celle-ci, leurs taux ont mécaniquement baissé. Ils conservent leur intérêt pour la liquidité et la sécurité, mais ne permettent plus de générer du rendement significatif.

Les obligations sont-elles sans risque ?

Les obligations peuvent être considérées comme sécurisées si elles sont conservées jusqu’à leur échéance, notamment lorsqu’il s’agit d’États solides. En revanche, leur prix peut fluctuer en cours de vie, ce qui peut entraîner une perte en cas de revente anticipée.

Pourquoi le fonds euros redevient-il attractif ?

Le fonds euros profite indirectement de la hausse des taux obligataires observée depuis 2022. Les assureurs peuvent ainsi investir à de meilleures conditions, ce qui améliore progressivement les rendements servis aux épargnants.

Faut-il investir 100 % en fonds euros pour sécuriser son capital ?

Pas nécessairement. Certaines offres exigent une diversification pour bénéficier des meilleurs rendements. De plus, une allocation équilibrée permet souvent d’optimiser la performance globale tout en conservant un niveau de risque maîtrisé.

Les SCPI sont-elles un placement sans risque ?

Non. Les SCPI présentent un risque de perte en capital, comme l’ont montré les baisses de valorisation récentes. Elles peuvent s’inscrire dans une logique de diversification, mais ne doivent pas être considérées comme un placement garanti.

Que se passera-t-il si les taux d’intérêt baissent ?

Une baisse des taux entraînerait progressivement une diminution des rendements des fonds euros et des placements obligataires. Dans ce cas, il deviendrait plus difficile d’atteindre 5 % sans prendre davantage de risques.

Est-ce le bon moment pour sécuriser ses placements ?

Le contexte actuel offre une opportunité rare de sécuriser une partie de son capital avec des rendements attractifs. Pour les profils prudents, il peut être pertinent de profiter des conditions actuelles avant une éventuelle baisse des taux.

Comment adapter sa stratégie à son profil investisseur ?

La recherche de rendement doit toujours être cohérente avec la tolérance au risque. Un profil prudent privilégiera la sécurité et la stabilité, tandis qu’un profil plus dynamique pourra accepter davantage de volatilité pour viser une performance supérieure.

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