Articles

Illustration de l'article

Un ETF, qu’est-ce que c’est ?

Un ETF, ou exchange-traded fund, est un fonds coté en Bourse qui cherche à reproduire la performance d’un indice. Il peut suivre, par exemple, un indice composé d’actions, d’obligations ou d’entreprises d’un secteur donné.

En achetant une part d’ETF, l’investisseur s’expose donc à un ensemble de titres sans avoir à les acheter un par un. Mais la diversification dépend de l’indice choisi : un ETF centré sur un secteur ou un petit nombre de grandes entreprises n’offre pas la même exposition qu’un ETF investi sur un univers plus large.

Un ETF indiciel cherche à suivre son indice à la hausse comme à la baisse. Il ne protège donc pas, à lui seul, contre une correction des marchés. L’AMF rappelle que le principal risque d’un ETF est lié à la variation de l’indice suivi et qu’une perte partielle ou totale du capital investi est possible. AMF : ce qu’il faut savoir sur les ETF

1. Le risque de marché : un ETF actions peut baisser fortement

Un ETF investi en actions reste un placement en actions. Si son indice recule, l’ETF peut reculer lui aussi. Les frais souvent réduits et le fonctionnement indiciel ne suppriment pas ce risque.

Une baisse peut être temporaire ou s’inscrire dans une période prolongée. Un investisseur qui a besoin de récupérer son argent au mauvais moment peut être amené à vendre alors que son placement a perdu de la valeur. L’horizon de placement et la capacité à supporter les fluctuations comptent donc autant que le choix de l’ETF.

Les ETF à effet de levier présentent un risque supplémentaire : ils amplifient les mouvements de leur indice, à la hausse comme à la baisse. Ils ne doivent pas être confondus avec des ETF classiques qui suivent un indice sans levier. AMF : les risques des ETF

2. Un ETF n’est pas toujours aussi diversifié qu’il en a l’air

Le nombre d’entreprises dans un indice ne suffit pas à mesurer la diversification. Il faut aussi regarder le poids de chaque entreprise, les secteurs représentés et les zones géographiques couvertes.

Un indice peut comporter plusieurs centaines de sociétés tout en étant fortement exposé à quelques grandes capitalisations. Si ces entreprises représentent une part importante de l’indice, une baisse de leur cours peut peser sur l’ensemble de l’ETF.

Les indices dits « mondiaux » ont eux aussi des règles de composition et de pondération. Ils ne couvrent pas nécessairement toutes les régions du monde de manière égale. Deux ETF différents peuvent également détenir de nombreuses entreprises en commun. Les cumuler dans un portefeuille ne garantit donc pas une diversification supplémentaire.

Avant d’investir, il est utile de consulter la composition de l’indice, les principales positions et le document d’informations clés (DIC). L’AMF souligne que le niveau de diversification dépend de l’indice choisi. AMF : comprendre les risques des placements financiers

3. La gestion passive ne signifie pas « sans risque »

La gestion passive signifie que l’ETF cherche à suivre un indice, plutôt qu’à sélectionner activement des titres pour tenter de le battre. Certains indices révisent régulièrement leur composition selon des règles définies : les titres qui ne répondent plus aux critères peuvent être remplacés.

Cette mécanique peut faciliter la gestion, mais elle ne garantit ni la performance ni la stabilité du capital. L’ETF reste exposé aux titres et aux risques présents dans son indice. Un produit facile à acheter et à suivre peut ainsi masquer la réalité de l’investissement sous-jacent.

4. Les frais réduits ne protègent pas contre les pertes

Les ETF affichent souvent des frais de gestion moins élevés que certains fonds gérés activement. Cela peut être un avantage sur le long terme, mais les frais ne sont qu’un élément de comparaison.

Il faut aussi prendre en compte les frais de courtage, les éventuels droits de garde et les autres coûts liés au support d’investissement. Surtout, des frais faibles ne compensent pas une baisse de l’indice : un ETF peut être peu coûteux et perdre de la valeur. AMF : frais et risques des ETF

5. Le risque comportemental : vendre au pire moment

Un portefeuille peut sembler adapté lorsque les marchés progressent. C’est souvent lors d’une forte baisse que l’investisseur découvre sa véritable tolérance au risque.

La peur d’une chute plus importante peut pousser à vendre dans l’urgence, parfois après que le marché a déjà baissé. À l’inverse, une période favorable peut inciter à augmenter fortement la part d’actions sans mesurer ce qui se passerait en cas de retournement.

Le risque d’un ETF tient donc aussi à l’écart entre la stratégie choisie et les réactions que l’investisseur pourra réellement assumer. Une allocation trop risquée sur le papier peut devenir difficile à tenir dans les périodes de tension.

Comment évaluer le risque d’un ETF avant d’investir ?

Avant de choisir un ETF, examinez notamment :

• L’indice suivi : quels marchés et quelles catégories d’actifs sont concernés ?

• La composition : quelles sont les principales positions, les secteurs et les zones géographiques représentés ?

• Le niveau de concentration : une part importante de l’indice dépend-elle de quelques entreprises ?

• Le mécanisme du produit : l’ETF utilise-t-il un effet de levier ou une réplication synthétique ?

• Les coûts : quels sont les frais du fonds et ceux liés à l’achat, à la vente ou au support ?

• Votre situation : quel est votre horizon de placement, votre besoin de liquidités et votre capacité à supporter une baisse ?

Le DIC permet notamment de consulter des informations sur les risques et les frais du produit. Il ne remplace toutefois pas l’analyse de l’ensemble du portefeuille et de la situation patrimoniale.

Les ETF sont-ils à éviter ?

Non. Un ETF n’est pas automatiquement un placement dangereux, pas plus qu’il ne constitue une garantie contre le risque. Il peut être utilisé dans une stratégie d’investissement, à condition de comprendre ce qu’il suit et la place qu’il occupe dans le patrimoine.

La question n’est donc pas seulement « cet ETF est-il risqué ? », mais aussi : quel indice suit-il, quelle exposition ajoute-t-il à mon portefeuille et pourrais-je conserver cette allocation si les marchés baissent ?

Un accompagnement patrimonial peut aider à mettre en cohérence les placements avec les objectifs, l’horizon et la tolérance au risque de l’investisseur.

Aller plus loin avec le podcast du cabinet

Cet article sur les risques des ETF est issu d’un épisode du podcast « L’art de la gestion patrimoniale et financière ». Dans cet échange, Axel Gaudet explique pourquoi les ETF, malgré leurs frais souvent réduits et leur gestion simple, ne sont pas sans risque : baisse des marchés, concentration de certaines valeurs et réactions parfois précipitées des investisseurs.

L’épisode est disponible sur Spotify, Apple Podcasts et YouTube.

N’hésitez pas à vous abonner, à laisser une note et à partager l’épisode s’il vous a aidé à mieux comprendre les risques des ETF et leur place dans une stratégie patrimoniale.

FAQ : risques des ETF

Peut-on perdre tout son capital avec un ETF ?

Une perte partielle ou totale est possible selon l’évolution des actifs suivis et les caractéristiques du produit. Le risque varie d’un ETF à l’autre. Un ETF à effet de levier peut amplifier les baisses.

Un ETF mondial est-il forcément bien diversifié ?

Pas nécessairement. Le terme « mondial » ne signifie pas que toutes les régions et toutes les entreprises ont le même poids. Il faut examiner l’indice, sa répartition géographique et ses principales positions.

Les ETF sont-ils moins risqués que les actions détenues en direct ?

Un ETF peut répartir l’investissement sur plusieurs titres, ce qui réduit le risque lié à une seule entreprise. Mais il reste exposé aux risques de son indice et peut subir une baisse importante. La diversification dépend de l’ETF choisi.

Pourquoi un ETF peut-il baisser alors qu’il est peu coûteux ?

Les frais et les fluctuations du marché sont deux choses différentes. Les frais réduisent le rendement net, tandis que la baisse de l’indice affecte la valeur de l’investissement. Des frais faibles ne protègent pas du risque de marché.

Cet article présente des informations générales à visée pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Tout investissement comporte des risques, dont un risque de perte en capital.

‍

Un projet patrimonial ? Parlons-en.

Un premier échange sans engagement avec un conseiller Bonnet & Doyen. Nous vous rappelons sous 24 h.

Être rappelé

À lire aussi

Articles similaires

ORIAS

Bonnet & Doyen Conseil est enregistré auprès de l'ORIAS sous le numéro 22001113.

CNCGP

Bonnet & Doyen Conseil, conseiller en investissements et courtier en assurance, est adhérent de la CNCGP, association professionnelle agréée par l'AMF et l'ACPR.