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Comment est imposée une rémunération de gérance en SAS et en SARL ?

En SAS, le président est assimilé salarié. Concrètement, cela signifie que la rémunération versée supporte des cotisations sociales relativement élevées, de l'ordre de 75 à 80% de charges patronales et salariales cumulées. Une fois ces cotisations acquittées par la société, le salaire net restant est ensuite soumis au barème de l'impôt sur le revenu, selon la tranche marginale d'imposition du foyer fiscal, qui peut varier de 0, 11, 30, 41 jusqu'à 45% selon les revenus globaux du foyer.

En SARL ou en EURL, la fiscalité personnelle appliquée à la rémunération suit la même logique de tranches marginales d'imposition. La différence se situe au niveau des cotisations sociales, qui sont généralement comprises entre 40 et 45%, et qui deviennent même dégressives sur les rémunérations élevées, pouvant descendre jusqu'à 20 ou 25%. La rémunération de gérance en SARL apparaît donc souvent plus avantageuse que la rémunération assimilée salarié en SAS, à condition de garder à l'esprit que des cotisations plus faibles signifient aussi une protection sociale plus réduite. Chaque situation doit être étudiée dans son ensemble avant de conclure qu'un statut est plus intéressant qu'un autre.

Comment sont imposés les dividendes versés par une société ?

Que l'on soit en SAS ou en SARL, les dividendes correspondent à une part des bénéfices que la société peut distribuer à ses actionnaires ou associés, uniquement après paiement de l'impôt sur les sociétés. Le chiffre d'affaires diminué des charges donne un bénéfice, qui est imposé à 15% jusqu'à 42 500 € de bénéfices, puis à 25% au-delà de ce montant. Une fois cet impôt payé, le dirigeant choisit soit de conserver la trésorerie disponible dans la société pour financer de nouveaux projets, soit de distribuer tout ou partie de ce bénéfice sous forme de dividendes.

Ces dividendes sont ensuite imposés soit au barème progressif de l'impôt sur le revenu après abattement, soit selon la flat tax, désormais fixée à 31,4%. Dans la pratique, la flat tax est le plus souvent choisie, car la rémunération a généralement déjà été optimisée pour rester dans une tranche marginale d'imposition favorable. Il faut néanmoins garder en tête que l'imposition réelle des dividendes ne se limite pas à ce taux de 31,4%, puisqu'il faut d'abord ajouter l'impôt sur les sociétés déjà payé en amont, de 15 ou 25%, avant même de calculer la fiscalité personnelle.

Un point de vigilance mérite d'être souligné pour les dirigeants qui envisagent une rémunération composée uniquement de dividendes. Si aucun revenu suffisant n'existe par ailleurs dans le foyer fiscal, la taxe PUMA s'applique, à hauteur de 6,5%, ce qui alourdit sensiblement la fiscalité globale des dividendes perçus. Autre spécificité propre à la SARL, dès lors que les dividendes distribués dépassent 10% du capital social, la part excédentaire est soumise aux cotisations sociales et non plus uniquement à la flat tax, ce qui peut modifier significativement les calculs d'optimisation.

Faut-il opter pour 100% de dividendes plutôt qu'un salaire ?

Beaucoup de dirigeants pensent avoir trouvé la formule idéale en se versant une rémunération minimale et en distribuant le reste en dividendes. Les chiffres montrent pourtant que cette stratégie est rarement la plus efficace. Prenons l'exemple d'un budget annuel de 150 000 €. En optant pour 100% de dividendes, la société paie d'abord environ 33 250 € d'impôt sur les sociétés, laissant un bénéfice distribuable de 116 750 €. Après flat tax et taxe PUMA, le net perçu s'élève à environ 74 000 €, et sans la taxe PUMA, autour de 80 000 €.

En comparaison, une rémunération de gérance à 100% en SARL sur une base équivalente de 107 000 € de rémunération, après environ 43 000 € de cotisations sociales et 24 000 € d'impôt sur le revenu, laisse un net de 82 000 € dans la poche du dirigeant. Le montant final est donc proche, voire supérieur, mais l'avantage décisif se situe ailleurs, à savoir la constitution de droits à la retraite. La rémunération de gérance permet ici d'estimer une retraite autour de 3 000 € par mois, alors que la stratégie du 100% dividendes ne génère aucun droit à la retraite.

Cet exemple illustre bien pourquoi il faut se méfier des idées reçues sur les dividendes, d'autant plus depuis la hausse de la flat tax à 31,4%. Une rémunération nulle prive également le dirigeant de protection sociale sur des sujets comme la prévoyance, dont les prestations sont souvent calculées sur la base de la rémunération déclarée. Avant de choisir une stratégie de rémunération, il est donc essentiel de raisonner sur le long terme et pas uniquement sur le montant net perçu dans l'année.

Pourquoi les dividendes en SARL sont ils parfois plus avantageux que les dividendes en SAS ?

À l'inverse du cas précédent, certaines situations rendent les dividendes en SARL particulièrement intéressants, notamment pour les professions libérales aux revenus élevés, comme les chirurgiens-dentistes ou d'autres praticiens en BNC. Prenons cette fois un budget de 300 000 €. En optant pour 100% de rémunération, le dirigeant obtient environ 224 000 € de rémunération brute, supporte environ 76 000 € de cotisations sociales et 74 000 € d'impôt sur le revenu, pour un net final de 149 000 €, soit à peine 50% du budget initial.

En arbitrant intelligemment entre rémunération et dividendes, avec par exemple 95 000 € de rémunération et 105 000 € de dividendes distribués, les cotisations sociales globales restent proches de 70 000 € et l'impôt sur le revenu descend à 35 000 €. Le net perçu atteint alors 165 000 €, soit un gain de 16 000 € par rapport à la stratégie du tout salaire, tout en conservant le même niveau de cotisation retraite, à condition que le capital social de la société reste faible, ce qui est fréquemment le cas pour des montants d'un à quelques milliers d'euros.

Ce gain de 16 000 € par an n'est pas anodin. Il peut être réorienté chaque année vers un plan d'épargne retraite, une assurance vie, ou encore un investissement immobilier. Cet exemple démontre qu'il ne faut jamais se fier à une idée reçue générale sur la fiscalité des dividendes, et qu'un arbitrage personnalisé, adapté au niveau de rémunération et à la structure juridique choisie, peut faire une différence financière très significative sur la durée.

Comment arbitrer entre salaire et dividendes pour optimiser sa rémunération nette ?

La règle la plus simple à retenir consiste à éviter de dépasser la tranche marginale d'imposition à 30%. Concrètement, cela signifie viser une rémunération autour de 95 000 € pour un célibataire sans enfant, afin de bénéficier de l'abattement de 30% tout en restant juste sous le passage à la tranche à 41%. Au-delà de ce seuil, chaque euro de rémunération supplémentaire est taxé à 41%, alors qu'un euro supplémentaire perçu sous forme de dividendes reste taxé à un niveau bien inférieur, autour de 12,8% de fiscalité personnelle si l'on opte pour la flat tax plutôt que le barème après abattement de 40%.

Cette logique d'arbitrage s'adresse avant tout aux dirigeants et entrepreneurs qui ont la main sur les modalités de leur propre rémunération, contrairement à un salarié classique qui ne peut pas décider seul de la répartition de ses revenus. C'est précisément le travail réalisé au quotidien lors des études patrimoniales personnalisées, où l'objectif est d'optimiser la tranche marginale d'imposition tout en identifiant d'autres leviers pour augmenter le niveau de vie du foyer lorsque les besoins dépassent ce seuil d'environ 90 000 € par an.

Ce qu'il faut retenir pour optimiser sa rémunération de dirigeant

Le choix entre salaire et dividendes ne se résume jamais à une comparaison simple entre deux taux d'imposition. Il faut prendre en compte l'impôt sur les sociétés déjà payé en amont, les cotisations sociales propres à chaque statut, la constitution de droits à la retraite, ainsi que la protection sociale globale du dirigeant et de son foyer. Un arbitrage bien construit entre rémunération et dividendes permet souvent de gagner plusieurs milliers d'euros chaque année, tout en préservant une couverture sociale satisfaisante pour l'avenir.

Pour aller plus loin sur ce sujet et découvrir d'autres exemples concrets d'optimisation de rémunération, nous vous invitons à écouter notre podcast L'Art de la Gestion Patrimoniale, disponible sur Spotify, Deezer et Apple Podcast.

Foire aux questions sur le choix entre salaire et dividendes

Quelle est la différence entre un dividende et un salaire pour un dirigeant ?

Un salaire est une rémunération soumise à des cotisations sociales avant impôt sur le revenu, tandis qu'un dividende est une part du bénéfice de la société, déjà taxé à l'impôt sur les sociétés, puis imposé à la flat tax ou au barème progressif.

Est-il plus intéressant de se rémunérer en SAS ou en SARL ?

Cela dépend du niveau de rémunération recherché. La SARL bénéficie généralement de cotisations sociales plus faibles et dégressives, alors que la SAS offre une meilleure protection sociale mais avec des charges plus élevées.

Pourquoi éviter une rémunération à 100% en dividendes ?

Une rémunération uniquement composée de dividendes ne génère aucun droit à la retraite et peut déclencher la taxe PUMA de 6,5% en l'absence d'autre revenu suffisant dans le foyer fiscal.

Quel est le taux de la flat tax sur les dividendes en 2026 ?

La flat tax appliquée aux dividendes est fixée à 31,4%, un taux à comparer avec l'imposition déjà supportée en amont par la société au titre de l'impôt sur les sociétés.

Jusqu'à quel montant de rémunération faut-il rester pour optimiser sa fiscalité ?

Il est généralement conseillé de rester sous la tranche marginale d'imposition à 30%, soit autour de 95 000 € pour un célibataire sans enfant, avant de privilégier les dividendes pour tout complément de revenu.

Les dividendes en SARL sont-ils toujours plus avantageux que les dividendes en SAS ?

Non, cela dépend du montant distribué par rapport au capital social et du niveau global de rémunération recherché, ce qui rend une étude personnalisée indispensable pour chaque dirigeant.

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