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Qu’est-ce qu’un fond de gestion alternative ?

Un fond de gestion alternative est un fonds qui suit une stratégie de gestion différente des approches traditionnelles consistant, par exemple, à acheter principalement des actions ou des obligations dans l’espoir qu’elles prennent de la valeur.

La gestion alternative regroupe des stratégies diverses. Certaines cherchent à tirer parti d’événements particuliers concernant des entreprises ; d’autres peuvent utiliser des positions acheteuses et vendeuses, des produits dérivés ou des actifs moins traditionnels. Le terme ne désigne donc pas une stratégie unique, et les fonds qui s’en réclament peuvent présenter des caractéristiques très différentes.

La stratégie abordée dans le podcast est la stratégie event driven. En français, on parle de gestion « fondée sur les événements ». Le gérant étudie un événement qui peut modifier la valeur, le capital ou l’endettement d’une entreprise, puis évalue les opportunités et les risques associés.

Parmi les événements qui peuvent être étudiés, on trouve notamment :

• une fusion entre deux entreprises ;

• une acquisition ou une fusion-absorption ;

• une offre publique d’achat, amicale ou hostile ;

• une restructuration financière ;

• certaines opérations importantes portant sur le capital ou la dette d’une entreprise.

L’objectif consiste à analyser les conditions de l’opération, son calendrier et la probabilité qu’elle aboutisse. La réalisation de l’événement reste incertaine : une annonce ne garantit ni la conclusion de la transaction ni un résultat positif pour le fonds.

Comment fonctionne la stratégie event driven ?

Un fonds event driven ne se contente pas de repérer une annonce. Le gérant examine plusieurs éléments pour estimer les conséquences possibles de l’événement et décider si une position lui semble justifiée.

Dans le cas d’une acquisition, il peut notamment étudier :

• le prix proposé par l’acquéreur ;

• les conditions de l’offre ;

• les étapes nécessaires à sa réalisation ;

• les autorisations réglementaires requises ;

• le financement de l’opération ;

• les délais prévus ;

• les conséquences possibles en cas d’échec ou de modification de l’offre.

Le gérant peut aussi diversifier ses investissements entre plusieurs opérations et plusieurs sociétés. Le nombre de positions varie selon le fonds et sa stratégie. La diversification peut réduire l’impact d’un événement défavorable isolé, mais elle ne supprime pas le risque de perte.

Exemple simplifié d’arbitrage de fusion-acquisition

Imaginons qu’une société cotée en Bourse à 100 € par action fasse l’objet d’une offre publique d’achat à 120 € par action. Après l’annonce, son cours pourrait monter à 117 €.

L’écart entre le cours de Bourse et le prix de l’offre peut s’expliquer par plusieurs facteurs : le temps nécessaire pour finaliser l’opération, les conditions qui restent à remplir ou le risque que la transaction échoue. Un gérant spécialisé peut alors analyser cet écart et décider s’il estime que le rendement potentiel compense les risques pris.

Cet exemple est fictif et simplifié. Le cours réel peut évoluer autrement. Si l’opération est annulée, retardée ou modifiée, le titre peut reculer. L’investisseur peut alors subir une perte.

D’où vient le rendement potentiel ?

Dans cet exemple, le rendement potentiel ne dépend pas uniquement de la progression générale des marchés actions. Il dépend aussi de la réalisation de l’offre et de l’écart entre le prix auquel le fonds se positionne et le prix de rachat annoncé.

Cette différence ne constitue pas un rendement garanti. Elle rémunère, entre autres, l’incertitude entourant la transaction et le temps nécessaire à sa conclusion. Plus l’opération rencontre des obstacles ou des retards, plus son issue peut devenir incertaine.

En quoi un fond de gestion alternative diffère-t-il d’un fonds actions ?

Un fonds actions classique investit généralement dans des entreprises en tenant compte de leurs perspectives, de leurs résultats, de leur valorisation ou de leur potentiel de croissance. La stratégie event driven porte une attention particulière à un événement susceptible de modifier la situation d’une société.

Cela ne signifie pas qu’un fonds event driven est indépendant des marchés. Les conditions économiques et financières peuvent influencer le nombre d’opérations annoncées, leur financement et leur probabilité de réalisation. Les décisions des autorités de concurrence ou les évolutions réglementaires peuvent également jouer un rôle.

La stratégie peut donc présenter un profil différent de celui d’un fonds actions traditionnel, sans pour autant être décorrélée de tous les risques de marché. Le fonctionnement concret dépend du fonds : son gérant, les instruments utilisés, son niveau d’exposition et sa manière de gérer les risques.

Quels sont les principaux risques ?

Une stratégie de gestion alternative peut offrir une exposition différente de celle d’un fonds classique, mais elle comporte des risques qui doivent être compris avant toute souscription.

Le risque d’échec de l’opération

Une acquisition ou une OPA peut ne pas aboutir. Les actionnaires peuvent refuser l’offre, une condition peut ne pas être remplie, le financement peut être remis en cause ou l’opération peut être bloquée par une autorité compétente. En cas d’échec, le cours de l’entreprise ciblée peut baisser.

Le risque de retard ou de modification

Une transaction peut prendre plus de temps que prévu. Le retard peut réduire le rendement annualisé espéré ou créer une période d’incertitude plus longue. L’offre peut aussi être révisée, notamment si l’acquéreur renégocie certaines conditions.

Le risque de concentration

Même si un fonds détient plusieurs positions, il peut être exposé à un nombre limité de secteurs, de régions ou de types d’opérations. Des difficultés touchant plusieurs transactions à la fois peuvent affecter sa performance.

Le risque de liquidité

La liquidité désigne la facilité avec laquelle un actif peut être vendu ou un investissement récupéré. Elle dépend notamment des caractéristiques du fonds et de ses placements. Les conditions de rachat, les délais et les éventuelles restrictions doivent être vérifiés dans la documentation du fonds. L’AMF rappelle que le risque de liquidité peut rendre la récupération des fonds plus difficile ou plus lente. AMF : placements et liquidité

Le risque lié aux instruments utilisés

Certains fonds peuvent recourir à des instruments financiers complexes ou à l’effet de levier. Ces outils peuvent augmenter l’exposition aux mouvements défavorables. Leur présence et leur rôle doivent être examinés dans les documents d’information du fonds.

Le risque de perte en capital

La valeur d’un fonds peut baisser, et l’investisseur peut perdre une partie ou la totalité du capital investi selon le produit. Une volatilité historiquement modérée ne suffit pas à conclure qu’un fonds est sans risque : elle ne reflète pas nécessairement toutes les sources de risque, comme le risque de liquidité ou de crédit. AMF : comprendre le profil de risque d’un fonds

Quelle place dans une allocation patrimoniale ?

La place d’un fond de gestion alternative dans un portefeuille dépend de la situation de l’investisseur : ses objectifs, son horizon de placement, sa tolérance aux pertes, ses besoins de liquidité et la composition de son patrimoine.

Certains investisseurs peuvent étudier ce type de stratégie pour diversifier les moteurs de performance de leur portefeuille. D’autres peuvent ne pas y trouver de réponse adaptée à leurs objectifs ou à leur profil de risque. Il n’existe pas de proportion universelle qui conviendrait à tout le monde.

Avant d’envisager un investissement, il est utile de répondre à plusieurs questions :

1. Quel rôle le fonds doit-il jouer dans le portefeuille ?

Il faut comprendre son objectif et la façon dont il complète les placements déjà détenus.

2. Quelle perte éventuelle suis-je prêt à accepter ?

La possibilité d’une baisse doit être compatible avec la situation financière de l’investisseur.

3. Quand pourrais-je avoir besoin de récupérer les sommes investies ?

Les modalités de rachat et les délais doivent correspondre aux besoins de liquidité.

4. Comment le fonds investit-il concrètement ?

La stratégie, les instruments employés, les zones géographiques et les principales expositions méritent d’être examinés.

5. Quels sont les frais ?

Les frais de gestion, les éventuelles commissions de performance et les frais liés au support de détention influencent le résultat net.

L’investissement doit aussi être envisagé au regard des autres risques déjà présents dans le patrimoine. La diversification peut répartir les expositions, mais ne garantit ni la préservation du capital ni une performance positive.

Comment analyser un fonds de gestion alternative avant d’investir ?

Le nom ou la catégorie d’un fonds ne suffisent pas à en comprendre le fonctionnement. Il est recommandé de lire sa documentation réglementaire et commerciale, notamment le document d’informations clés (DIC), le prospectus et les rapports périodiques disponibles.

Ces documents peuvent aider à examiner :

• l’objectif de gestion et la stratégie mise en œuvre ;

• le niveau de risque indiqué ;

• la durée de placement recommandée ;

• les frais supportés ;

• les conditions et la fréquence de rachat ;

• les principales expositions et les risques spécifiques ;

• l’utilisation éventuelle du levier ou de produits dérivés.

Le gérant, les résultats passés et la régularité des performances peuvent également faire partie de l’analyse. Toutefois, les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

À retenir sur les fonds de gestion alternative event driven

Un fond de gestion alternative event driven cherche à investir autour d’événements touchant les entreprises, comme une fusion-acquisition ou une OPA. Son potentiel dépend notamment de l’analyse de ces opérations, de leurs conditions et de leur issue.

Cette stratégie peut constituer une piste de diversification pour certains portefeuilles, mais elle ne garantit ni une performance positive ni une protection contre les baisses. Chaque fonds présente ses propres risques, frais et conditions de liquidité. Il est essentiel de les comprendre et de vérifier que le produit correspond à ses objectifs et à sa situation.

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement. Tout investissement comporte des risques, notamment de perte en capital.

🎧 Aller plus loin avec le podcast du cabinet

Cet article sur les fonds de gestion alternative est issu d’un épisode du podcast « L’art de la gestion patrimoniale et financière ». Dans cet échange, Axel Gaudet et Bastien Perrin présentent la stratégie event driven : une approche qui s’intéresse aux événements marquants de la vie des entreprises, comme les fusions-acquisitions, les offres publiques d’achat ou les restructurations. Ils expliquent notamment comment fonctionne l’arbitrage de fusion-acquisition et quels risques prendre en compte avant d’investir.

L’épisode est disponible sur Spotify, Apple Podcasts et YouTube.

N’hésitez pas à vous abonner, à laisser une note et à partager l’épisode s’il vous a aidé à mieux comprendre la gestion alternative et la place que cette stratégie peut occuper dans une allocation patrimoniale.

FAQ : fond de gestion alternative

Qu’est-ce qu’un fond de gestion alternative ?

Un fond de gestion alternative suit une stratégie qui diffère des approches classiques d’investissement en actions ou en obligations. Le terme regroupe plusieurs méthodes. La stratégie event driven, par exemple, s’intéresse aux événements importants touchant les entreprises, comme les fusions-acquisitions ou les restructurations.

Qu’est-ce qu’une stratégie event driven ?

Une stratégie event driven consiste à étudier des événements d’entreprise susceptibles d’influencer la valeur de titres financiers. Le gérant analyse les conditions de réalisation de l’événement, les délais et les risques associés. L’issue n’est jamais certaine.

Comment fonctionne l’arbitrage de fusion-acquisition ?

Lorsqu’une entreprise annonce le rachat d’une autre, le gérant peut analyser l’écart entre le prix proposé et le cours de Bourse de la société cible. Cet écart peut refléter le délai prévu et les risques que l’opération soit retardée, modifiée ou annulée. Il ne représente pas un gain garanti.

Un fond event driven est-il sans risque ?

Non. Une opération peut échouer ou prendre plus de temps que prévu, et la valeur du fonds peut baisser. Il existe également des risques de marché, de liquidité et, selon les fonds, des risques liés aux instruments utilisés ou au recours au levier.

Un fonds de gestion alternative est-il décorrélé des marchés ?

Pas nécessairement. La performance d’un fonds event driven dépend de la réalisation des événements analysés, mais son activité peut aussi être influencée par la conjoncture, les conditions de financement, les marchés et les décisions réglementaires. Le niveau de dépendance varie selon la stratégie du fonds.

Quelle est la différence entre un fonds alternatif et un fonds actions ?

Un fonds actions investit généralement en fonction des perspectives des sociétés et de l’évolution attendue de leurs titres. Un fonds alternatif peut poursuivre des stratégies différentes, comme l’investissement autour d’une opération de fusion-acquisition. La composition et les risques varient cependant d’un fonds à l’autre.

Un fond de gestion alternative peut-il diversifier un portefeuille ?

Il peut apporter une exposition différente de celle d’autres placements, selon sa stratégie. Mais la diversification ne supprime pas le risque de perte et ne garantit pas un résultat positif. Son éventuelle place doit être évaluée par rapport à l’ensemble du portefeuille et à la situation de l’investisseur.

Quels documents consulter avant d’investir ?

Il est notamment utile de consulter le document d’informations clés (DIC), le prospectus et les rapports périodiques du fonds. Ils détaillent son objectif, ses risques, ses frais, sa durée de placement recommandée et ses modalités de rachat. Pour comprendre les risques associés aux fonds, l’AMF propose également des ressources pédagogiques destinées aux épargnants.

Les fonds event driven visent-ils une performance garantie ?

Non. Aucune performance n’est garantie, et les résultats passés ne permettent pas de prévoir les résultats futurs. Le rendement dépend de la stratégie suivie, des investissements réalisés, des frais et de l’évolution des risques associés aux opérations.

Faut-il investir dans un fond de gestion alternative ?

Il n’existe pas de réponse valable pour tous les investisseurs. Il faut d’abord comprendre le fonctionnement du fonds, ses risques, ses frais et ses conditions de sortie, puis vérifier leur compatibilité avec ses objectifs, son horizon de placement et sa capacité à supporter une perte.

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