Investissement immobilier · LMNP

Le LMNP : louer meublé, amortir, réduire l'impôt

Louer un logement meublé change tout : les loyers relèvent des BIC, et le régime réel permet d'amortir le bien. Résultat, des revenus locatifs souvent peu ou pas fiscalisés pendant quinze à vingt ans.

50 %
d'abattement au micro-BIC, en location meublée longue durée
≈ 0 €
d'impôt sur les loyers possible au réel grâce à l'amortissement
17,2 %
de prélèvements sociaux : le LMNP échappe à la hausse 2026
Le principe en 30 secondes

Le meublé, un autre régime fiscal

La location meublée n'est pas du revenu foncier mais du bénéfice industriel et commercial (BIC) — avec, au réel, l'arme de l'amortissement.

On loue meublé

Des revenus en BIC

Un logement équipé pour y vivre (couchage, cuisine, rangements…) relève des BIC. Les loyers y sont souvent plus élevés qu'en nu, la demande locative forte.

On choisit son régime

Micro-BIC ou réel

Le micro-BIC applique un abattement forfaitaire (simple mais brut). Le réel déduit les charges réelles et, surtout, amortit le bien.

On amortit

Des loyers peu fiscalisés

Au réel, l'amortissement comptable du bâti et du mobilier vient effacer une grande part du résultat imposable — souvent jusqu'à zéro.

Comparateur — micro-BIC vs régime réel

Quel régime pour votre meublé ?

Renseignez vos loyers, la valeur du bien et votre tranche marginale : le comparateur estime votre impôt annuel dans chaque régime.

Impôt annuel sur les loyers
Micro-BIC
2 832 €
abattement forfaitaire
Régime réel
1 340 €
charges + amortissement
Avec un crédit en cours, le résultat au réel tombe souvent à≈ 0 €
L'amortissement du bien est propre au régime réel : c'est lui qui neutralise l'impôt sur les loyers.

Estimation pédagogique 2026 : micro-BIC avec abattement de 50 % (longue durée) ou 30 % (tourisme non classé) ; régime réel avec amortissement estimé (bâti hors terrain + mobilier) et charges forfaitisées, hors intérêts d'emprunt. Prélèvements sociaux de 17,2 %. Le résultat réel dépend du plan d'amortissement et des charges effectives. Ne remplace pas l'analyse d'un comptable.

Les deux régimes

Micro-BIC ou réel : le vrai arbitrage

Micro-BIC

Simple, mais forfaitaire

Un abattement de 50 % (longue durée, plafond 77 700 €) ou 30 % (tourisme non classé, plafond 15 000 €), sans comptabilité. Pratique, mais souvent moins avantageux : dans la majorité des cas, le réel gagne.

Régime réel

Puissant, avec l'amortissement

Déduction des charges réelles (intérêts, taxe foncière, assurance, gestion) et surtout amortissement du bien. Presque toujours plus avantageux dès qu'il y a un crédit. En contrepartie : une comptabilité à tenir.

Le moteur du réel

L'amortissement, cœur du dispositif

Déduire l'usure comptable du bien

Au réel, on déduit chaque année une fraction de la valeur du bien, comme s'il se « consommait » : le bâti (hors terrain, non amortissable, estimé à 15-25 % de la valeur) et le mobilier. Cet amortissement, absent du micro-BIC, vient s'ajouter aux charges pour réduire le résultat imposable, souvent jusqu'à zéro, pendant 15 à 20 ans. Il ne peut pas créer de déficit — la fraction non utilisée se reporte sans limite de durée. C'est ce mécanisme qui fait du LMNP l'un des rares placements immobiliers à revenus quasi non fiscalisés.

La réforme 2025 : les amortissements réintégrés à la revente

Depuis le 15 février 2025 (loi de finances 2025), les amortissements déduits au réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente : le prix d'acquisition retenu est diminué des amortissements pratiqués, ce qui augmente la plus-value imposable. Les abattements pour durée de détention (exonération après 22 ans d'IR, 30 ans de PS) restent applicables. Deux exceptions notables : les résidences services (étudiantes, seniors, EHPAD) en sont exclues, et surtout, une donation ou une succession purge la plus-value — neutralisant totalement la réintégration. Le LMNP conserve donc tout son intérêt en détention longue et en logique de transmission.

Meublé ou nu

LMNP ou location nue ?

Deux mondes fiscaux distincts, deux leviers différents. Le bon choix dépend du bien et de l'objectif.

Meublé · LMNP

BIC et amortissement

Loyers plus élevés, amortissement qui neutralise l'impôt sur les revenus. Idéal pour générer un complément peu fiscalisé, notamment en résidence services ou pour la retraite.

Nu · foncier

Déficit foncier

Pas d'amortissement, mais le déficit foncier permet d'imputer les travaux sur le revenu global. Le bon choix pour un bien à rénover et un contribuable fortement imposé.

Le cadre

Rester « non professionnel »

Les seuils à ne pas franchir sans le vouloir

On reste loueur non professionnel tant que les recettes meublées ne dépassent pas 23 000 € par an, ou restent inférieures à 50 % des revenus du foyer. Si l'on franchit ces deux seuils à la fois, on bascule automatiquement en loueur professionnel (LMP), avec des cotisations sociales (environ 35 %) bien plus lourdes que les 17,2 % de prélèvements sociaux du LMNP. Autre point souvent oublié : la CFE, due chaque année même si le résultat est nul. Un suivi annuel de la composition des revenus évite toute bascule subie.

Cas concret

12 000 € de loyers, régime réel

Un investisseur loue un studio meublé 12 000 € par an, financé à crédit. Au régime réel, charges et amortissement effacent les loyers imposables.

Loyers meublés
12 000 €
sur l'année
Charges + amortissement
12 000 €
intérêts, TF, amortissement…
Résultat imposable
0 €
au régime réel
Impôt sur les loyers
0 €
contre 2 832 € au micro-BIC

Illustration 2026 (TMI 30 %, bien financé à crédit) : l'amortissement du bâti et du mobilier, ajouté aux intérêts d'emprunt et aux charges, neutralise le résultat imposable. Au micro-BIC, 50 % des loyers restaient taxables, soit 6 000 € (environ 2 832 € d'impôt et prélèvements sociaux). Chiffres indicatifs, à confirmer avec un comptable.

Pour qui

À qui s'adresse le LMNP ?

Vous cherchez un revenu peu fiscalisé

L'amortissement au réel neutralise l'impôt sur les loyers pendant des années : c'est le placement immobilier de rendement le plus efficace fiscalement.

Vous préparez votre retraite

Un ou plusieurs meublés dont les loyers tombent nets d'impôt constituent un excellent complément de revenus futurs.

Vous pensez transmission

Donation et succession purgent la plus-value : le LMNP, transmis plutôt que revendu, échappe à la réintégration des amortissements.

Bonnet & Doyen Conseil

Le meublé rapporte surtout à ceux qui l'optimisent.

Arbitrage micro-BIC / réel, plan d'amortissement, choix du bien et du support, stratégie de sortie et de transmission : nous construisons votre projet LMNP et le suivons dans la durée, avec un comptable spécialisé.

Être rappelé
Questions fréquentes

Le LMNP : vos questions

Le statut de loueur en meublé non professionnel s'applique aux particuliers qui louent un logement meublé sans dépasser certains seuils. Les revenus relèvent des bénéfices industriels et commerciaux (BIC), avec deux régimes possibles : le micro-BIC (abattement forfaitaire) ou le réel (déduction des charges et amortissement du bien).

Le micro-BIC est simple (abattement de 50 % en longue durée) mais forfaitaire. Le réel déduit les charges réelles et amortit le bien : il est presque toujours plus avantageux dès qu'il existe un crédit, car les intérêts s'ajoutent à l'amortissement. Le micro ne se justifie que pour un bien détenu sans crédit et avec très peu de charges.

C'est la déduction comptable, chaque année, d'une fraction de la valeur du bien (hors terrain, non amortissable) et du mobilier, pour tenir compte de leur usure. Cet amortissement réduit le résultat imposable, souvent jusqu'à zéro, pendant 15 à 20 ans. Il ne peut pas créer de déficit : la part non utilisée se reporte sans limite.

Depuis le 15 février 2025, les amortissements déduits au réel sont réintégrés dans le calcul de la plus-value à la revente (le prix d'acquisition retenu est diminué des amortissements), ce qui augmente la plus-value imposable. Les abattements pour durée de détention restent applicables. Les résidences services en sont exclues, et une donation ou une succession purge la plus-value, neutralisant la réintégration.

En meublé (LMNP), on bénéficie de loyers plus élevés et de l'amortissement qui neutralise l'impôt sur les revenus. En nu, pas d'amortissement, mais le déficit foncier permet d'imputer les travaux sur le revenu global. Le meublé vise le rendement peu fiscalisé ; le nu, la rénovation d'un bien par un contribuable fortement imposé.

Pour la location meublée longue durée, l'abattement est de 50 % jusqu'à 77 700 € de recettes. Pour un meublé de tourisme non classé, la loi Le Meur a ramené l'abattement à 30 % et le plafond à 15 000 €. Au-delà de ces seuils, le régime réel s'applique obligatoirement.

Les revenus LMNP restent soumis aux prélèvements sociaux de 17,2 % : la hausse à 18,6 % de 2026 ne concerne que le capital mobilier (dividendes, intérêts). Au régime réel avec un résultat nul, l'impact est déjà nul. Des cotisations sociales SSI n'apparaissent qu'en cas de bascule en loueur professionnel (LMP).

On devient loueur professionnel (LMP) lorsque les recettes meublées dépassent 23 000 € par an ET représentent plus de 50 % des revenus du foyer fiscal. Les deux conditions doivent être réunies. La bascule entraîne l'assujettissement aux cotisations sociales SSI (environ 35 %), d'où l'importance d'un suivi annuel.

Au micro-BIC, non : l'administration applique l'abattement automatiquement. Au régime réel, une comptabilité complète est nécessaire (liasse fiscale, plan d'amortissement) : le recours à un expert-comptable spécialisé, dont les honoraires (environ 500 à 1 500 € par an) sont déductibles, est vivement recommandé.

Pour les investisseurs cherchant un revenu locatif peu fiscalisé, ceux qui préparent un complément de retraite, et ceux qui raisonnent transmission (donation/succession purgeant la plus-value). Les résidences services, exclues de la réintégration des amortissements, restent particulièrement adaptées.

ORIAS

Bonnet & Doyen Conseil est enregistré auprès de l'ORIAS sous le numéro 22001113.

CNCGP

Bonnet & Doyen Conseil, conseiller en investissements et courtier en assurance, est adhérent de la CNCGP, association professionnelle agréée par l'AMF et l'ACPR.