Plutôt que de transmettre un immeuble — indivisible et lourdement taxé — on transmet des parts de société : divisibles, décotées, données progressivement. Et l'on garde la main sur la gestion.
On loge l'immobilier dans une société civile, puis on transmet ses parts — un actif bien plus souple à donner qu'un bien en direct.
La société civile détient les biens. Les associés (parents, enfants) détiennent des parts, en proportion de leurs apports. La gouvernance est fixée par les statuts.
Les parts sont divisibles et fractionnables : on les donne par tranches, en profitant des abattements et d'une décote, sans jamais vendre le bien.
Le donateur reste gérant : il continue de décider, même après avoir transmis la majorité des parts. On transmet la valeur, pas le pouvoir.
C'est la décision la plus lourde de conséquences, et elle est difficilement réversible. Répondez à deux questions : nous indiquons le régime le plus cohérent.
Repères pédagogiques 2026. Le choix IR/IS dépend aussi de votre tranche marginale d'imposition, du rendement du bien et de la structure familiale. L'option pour l'IS est en principe irréversible. Ne remplace pas une étude personnalisée avec votre conseil et votre notaire.
À la succession, un bien détenu en direct tombe en indivision — rigide et conflictuelle. La SCI change tout.
Chaque décision importante exige l'unanimité, et n'importe quel indivisaire peut forcer la vente du bien. Un désaccord, et tout se fige.
Le gérant décide au quotidien, les règles de majorité sont fixées par les statuts, les parts se transmettent sans vendre le bien, et personne ne peut imposer la vente.
La force de la SCI familiale, c'est d'empiler les mécanismes d'optimisation sur une même transmission.
Renouvelable tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants transmet 400 000 € de parts sans droits par cycle.
Les parts se valorisent avec une décote de 10 à 20 % par rapport à la valeur du bien : moins liquides, plus difficiles à revendre, elles sont taxées sur une base réduite.
On transmet la nue-propriété décotée selon l'âge (barème 669) tout en conservant l'usufruit et les revenus. Cumulable avec l'abattement.
Répartir les parts entre les enfants et figer leur valeur au jour de l'acte : plus de réévaluation au décès, moins de conflits.
À l'IR (par défaut), la SCI est transparente : chaque associé déclare sa quote-part de revenus fonciers, et la revente relève des plus-values immobilières des particuliers, avec exonération progressive (totale après 22 ans d'IR, 30 ans de prélèvements sociaux). À l'IS, la société amortit le bien, ce qui réduit fortement l'impôt tant qu'elle ne distribue pas — mais à la revente, la plus-value est calculée sur la valeur nette comptable (après amortissements), générant une base énorme taxée à 25 %. Pour transmettre et détenir longtemps, l'IR est presque toujours préférable ; l'IS se réserve à une logique de rendement et de capitalisation.
L'option pour l'IS ne se défait pas : une fois exercée, le retour à l'IR est en principe impossible. Vos héritiers récupèrent alors des parts à valeur comptable quasi nulle, mais porteuses d'une plus-value latente lourde. C'est pourquoi ce choix se tranche à la création, à froid, en fonction d'un objectif clair — et rarement à l'IS pour une SCI patrimoniale.
L'administration scrute les SCI familiales. Les erreurs classiques : apporter sa résidence principale à la SCI (perte de l'exonération de plus-value et charge IFI), un compte courant d'associé non remboursé requalifié en donation déguisée, ou une convention de quasi-usufruit ajoutée après coup — qui doit figurer dès l'acte de donation, sous peine de requalification et de majoration de 80 %. La décote, elle-même, doit être justifiée par une valorisation professionnelle. Nous sécurisons chaque brique du montage, en lien avec votre notaire, pour que l'optimisation tienne face à un contrôle.
Un couple loge un bien locatif de 600 000 € dans une SCI à l'IR, puis donne la nue-propriété des parts à ses deux enfants à 65 ans. Décote, démembrement et abattements se cumulent.
Illustration 2026 : décote d'illiquidité de 15 % (à justifier), barème de l'article 669 (nue-propriété 60 % à 65 ans), abattement de 100 000 € par parent et par enfant. La nue-propriété transmise (306 000 €) est intégralement couverte par les quatre abattements (400 000 €). Au décès, la pleine propriété se reconstitue sans droits. Chiffres indicatifs, à valider par une étude notariale.
Un ou plusieurs biens locatifs, une résidence secondaire : la SCI structure la détention et prépare une transmission en douceur.
Pour ne pas laisser vos enfants bloqués dans une indivision conflictuelle au décès : la SCI organise la gouvernance à l'avance.
Donner progressivement tout en restant gérant : vous préparez l'avenir sans renoncer à la maîtrise de votre patrimoine.
Choix du régime, rédaction des statuts, calendrier de donations, décote, démembrement, sécurisation face à l'abus de droit : nous concevons et pilotons la structure, en lien avec votre notaire.
Être rappeléC'est une société civile immobilière (articles 1832 et suivants du Code civil) constituée entre membres d'une même famille pour détenir, gérer et transmettre un patrimoine immobilier. Au minimum deux associés, sans plafond. Elle permet de transmettre des parts plutôt que des murs, tout en organisant la gouvernance.
L'indivision est rigide : chaque décision importante exige l'unanimité, et un seul indivisaire peut forcer la vente. La SCI confie les décisions courantes à un gérant, fixe des règles de majorité sur mesure, rend les parts transmissibles sans vendre le bien et protège contre la vente forcée. Pour un patrimoine familial de long terme, elle est presque toujours préférable.
L'IR (transparence fiscale) est généralement préféré pour la transmission et la détention longue : revenus fonciers imposés directement, plus-value exonérée après 22/30 ans, parts faciles à transmettre. L'IS n'a d'intérêt que pour une logique de rendement à amortir à court ou moyen terme — mais il alourdit la revente et l'option est en principe irréversible.
En donnant des parts de son vivant, avec l'abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans. On y ajoute une décote d'illiquidité (10 à 20 %), le démembrement des parts (nue-propriété décotée) et la donation-partage. Ces leviers se cumulent pour transmettre un patrimoine important avec une fiscalité très réduite.
Une part de SCI vaut moins que la quote-part du bien qu'elle représente : elle est moins liquide, plus difficile à revendre, et l'associé minoritaire ne contrôle pas la société. L'administration admet une décote, généralement de 10 à 20 %, qui réduit d'autant la base taxable à la donation. Elle doit être justifiée par une valorisation sérieuse.
Oui, c'est un atout majeur. Le donateur peut rester gérant de la SCI et conserver les pouvoirs de gestion définis dans les statuts, même après avoir transmis la majorité des parts à ses enfants. On dissocie ainsi la propriété (transmise) du pouvoir (conservé).
C'est généralement déconseillé. Un bien détenu via une SCI à l'IR ne bénéficie pas de l'exonération de plus-value de la résidence principale, et la SCI complique l'occupation à titre gratuit. La résidence principale se transmet mieux par d'autres voies. La SCI est surtout pertinente pour l'immobilier locatif et les résidences secondaires.
À l'IR, la cession de parts suit le régime des plus-values immobilières des particuliers : 19 % + 17,2 % de prélèvements sociaux, avec abattements pour durée de détention menant à l'exonération totale après 22 ans (IR) et 30 ans (PS). À l'IS, la plus-value se calcule sur la valeur nette comptable après amortissements : la base est bien plus élevée et taxée à 25 %.
Les principaux : apporter sa résidence principale, laisser un compte courant d'associé non remboursé (risque de donation déguisée), ajouter une convention de quasi-usufruit après la donation au lieu de la prévoir dès l'acte (abus de droit, majoration de 80 %), ou appliquer une décote non justifiée. Chaque montage doit être documenté et sécurisé.
Peu, en soi : statuts sous seing privé (souvent gratuits), annonce légale et immatriculation au greffe pour environ 250 €. Le coût réel vient de l'accompagnement : rédaction de statuts adaptés, et surtout intervention du notaire en cas d'apport d'un immeuble en nature (1 à 2 % de la valeur) ou de montage démembré.

Bonnet & Doyen Conseil est enregistré auprès de l'ORIAS sous le numéro 22001113.

Bonnet & Doyen Conseil, conseiller en investissements et courtier en assurance, est adhérent de la CNCGP, association professionnelle agréée par l'AMF et l'ACPR.