Selon votre forme de société et votre part au capital, vous relevez de l'un ou l'autre régime. L'écart ne se limite pas au net du mois : il engage votre retraite, votre protection et votre coût social sur toute la vie de l'entreprise.
Le statut n'est pas un choix libre : il découle de votre forme juridique et de votre détention du capital. Mais ses conséquences se pilotent.
Président de SAS/SASU et gérant minoritaire de SARL : assimilé salarié. Gérant majoritaire de SARL, EURL, SELARL : TNS. C'est automatique.
Régime général et retraite Agirc-Arrco, couverture proche du salarié cadre. En contrepartie, des cotisations lourdes — 75 à 80 % du net.
Cotisations bien plus faibles (40 à 45 %), donc plus de net immédiat — mais une retraite et une prévoyance à renforcer par des contrats privés.
Pour un même coût total supporté par l'entreprise, comparez le net après cotisations selon que vous êtes assimilé salarié (SAS) ou gérant majoritaire TNS (SARL).
On raisonne à effort financier identique pour l'entreprise. Le net affiché est avant impôt sur le revenu, pour isoler l'effet du statut.
Estimation pédagogique 2026 : cotisations approximées (~80 % du net en assimilé salarié, ~45 % en TNS), hors impôt sur le revenu et hors dividendes. Le résultat réel dépend du niveau de rémunération, des planchers et de la réforme de l'assiette TNS ; il ne remplace pas un chiffrage sur mesure.
Le net n'est qu'un aspect. C'est la protection — retraite, arrêt, invalidité — qui fait souvent la vraie différence sur la durée.
Aucun des deux statuts n'ouvre l'assurance chômage : une garantie sociale du chef d'entreprise (GSC) privée peut la remplacer, à un coût élevé.
Ce n'est pas une option à cocher : le régime découle mécaniquement de la structure et de la détention.
De plein droit, quelle que soit sa part au capital — même actionnaire à 100 %.
Plus de 50 % des parts, seul ou avec conjoint et enfants mineurs. Gérant minoritaire ou égalitaire : assimilé salarié.
Comme la SELARL à gérance majoritaire, rattachée aux caisses des professions libérales.
Le statut TNS n'est un bon calcul que si l'économie de cotisations sert vraiment à reconstruire la protection.
Le gain de trésorerie finance un PER individuel (déductible) qui reconstitue les droits que la SSI n'apporte pas.
Une prévoyance individuelle couvre les lacunes du régime : indemnités journalières et invalidité, souvent déductibles.
Depuis le 1er avril 2026, l'assiette unique (revenu brut × 0,74) transfère de la CSG vers la retraite : de meilleurs droits à coût quasi constant.
À effort financier identique — 100 000 € supportés par l'entreprise — le net perçu diffère nettement selon le statut, tout comme la protection qui l'accompagne.
Illustration simplifiée (cotisations approximées, avant impôt sur le revenu). Le TNS dégage plus de net immédiat ; encore faut-il en consacrer une part à reconstituer la retraite et la prévoyance pour que l'écart soit un vrai avantage.
Il n'y a pas de bon statut dans l'absolu : il y a celui qui colle à vos priorités et à votre horizon.
Retraite solide, couverture en cas d'arrêt, sérénité : l'assimilé salarié (SAS) reste le plus protecteur, malgré son coût.
Vous savez piloter votre épargne et votre prévoyance : le TNS (SARL/EURL) libère de la trésorerie à réinvestir efficacement.
La SAS évite la règle des 10 % : un vrai atout pour un dirigeant qui se rémunère beaucoup en dividendes.
Nous comparons net, protection et coût selon votre forme de société, puis calibrons les compléments (PER, prévoyance) pour que votre statut travaille pour vous.
Être rappeléL'assimilé salarié relève du régime général de la Sécurité sociale (comme un cadre) : cotisations élevées mais protection complète et retraite Agirc-Arrco. Le TNS relève de la Sécurité sociale des indépendants : cotisations plus faibles, donc plus de net, mais une protection maladie, prévoyance et retraite moins généreuse. Aucun des deux n'ouvre l'assurance chômage.
Non. Le président de SAS ou de SASU est assimilé salarié de plein droit, affilié au régime général, même s'il détient 100 % du capital. Il cotise comme un cadre (hors chômage) et bénéficie de la même couverture maladie, prévoyance et retraite de base et complémentaire.
Dès lors qu'il est gérant majoritaire, c'est-à-dire qu'il détient plus de 50 % des parts, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs. Un gérant minoritaire ou égalitaire (50 % ou moins) est, lui, assimilé salarié.
En ordre de grandeur 2026 : les cotisations du TNS représentent environ 40 à 45 % de la rémunération nette, contre 75 à 80 % pour un assimilé salarié (charges patronales et salariales comprises). Pour un même net de 60 000 €, le coût pour l'entreprise est d'environ 86 000 € en TNS contre 110 000 € en assimilé.
Non, ni en SAS ni en SARL : le mandat social n'ouvre pas droit à l'assurance chômage. Le mythe « SAS = chômage » est faux. Pour se couvrir, il faut souscrire une garantie sociale du chef d'entreprise (GSC) privée, dont le coût est élevé.
L'assimilé salarié acquiert généralement de meilleurs droits, grâce à la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Le TNS cotise moins, mais accumule des droits plus faibles, surtout sur les hautes rémunérations : il est vivement conseillé de compléter par un PER individuel et une prévoyance.
Depuis le 1er avril 2026, les indépendants relèvent d'une assiette unique de cotisations (revenu brut × 0,74, soit un abattement de 26 %). L'objectif est une neutralité du prélèvement total, avec un transfert mécanique de la CSG vers les cotisations retraite : à coût quasi constant, les droits à la retraite s'améliorent.
C'est possible pour un président de SAS, à condition d'un contrat correspondant à des fonctions techniques réelles et distinctes du mandat, avec un lien de subordination. En revanche, c'est impossible pour un gérant majoritaire de SARL : la règle est absolue.
Un TNS doit se verser au moins 7 212 € bruts sur l'année (environ 1 803 € par trimestre en 2026) pour valider ses quatre trimestres de retraite. Se rémunérer uniquement en dividendes peut donc créer une « année blanche » côté retraite.
Cela dépend de vos priorités. Le TNS maximise le net immédiat mais suppose de reconstruire soi-même sa protection ; l'assimilé salarié coûte plus cher mais sécurise davantage. Le choix se raisonne à coût total pour l'entreprise, en intégrant vos objectifs de retraite, votre besoin de protection et votre stratégie de dividendes.

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Bonnet & Doyen Conseil, conseiller en investissements et courtier en assurance, est adhérent de la CNCGP, association professionnelle agréée par l'AMF et l'ACPR.