Rémunération du dirigeant · Statut social

Assimilé salarié ou TNS : le choix qui change tout

Selon votre forme de société et votre part au capital, vous relevez de l'un ou l'autre régime. L'écart ne se limite pas au net du mois : il engage votre retraite, votre protection et votre coût social sur toute la vie de l'entreprise.

40-45 %
de cotisations en TNS, contre 75-80 % en assimilé salarié
> 50 %
du capital = gérant majoritaire, donc TNS d'office
0
assurance chômage : aucun des deux statuts n'y donne droit
Le principe en 30 secondes

Deux régimes, deux équilibres coût / protection

Le statut n'est pas un choix libre : il découle de votre forme juridique et de votre détention du capital. Mais ses conséquences se pilotent.

D'où ça vient

La forme fixe le régime

Président de SAS/SASU et gérant minoritaire de SARL : assimilé salarié. Gérant majoritaire de SARL, EURL, SELARL : TNS. C'est automatique.

Assimilé salarié

Protection forte, coût élevé

Régime général et retraite Agirc-Arrco, couverture proche du salarié cadre. En contrepartie, des cotisations lourdes — 75 à 80 % du net.

TNS

Net élevé, protection à compléter

Cotisations bien plus faibles (40 à 45 %), donc plus de net immédiat — mais une retraite et une prévoyance à renforcer par des contrats privés.

Simulateur — net selon le statut

À coût égal pour la société, combien vous reste-t-il ?

Pour un même coût total supporté par l'entreprise, comparez le net après cotisations selon que vous êtes assimilé salarié (SAS) ou gérant majoritaire TNS (SARL).

On raisonne à effort financier identique pour l'entreprise. Le net affiché est avant impôt sur le revenu, pour isoler l'effet du statut.

SAS — assimilé salarié
55 000 €
Protection complète
SARL — gérant TNS
69 000 €
Protection à compléter
Le TNS laisse + 14 000 € de net par an…mais avec une retraite et une prévoyance plus légères. L'écart doit financer vos compléments (PER, prévoyance) pour être un vrai gain.Soit ~ 140 000 € sur 10 ans à réaffecter intelligemment.

Estimation pédagogique 2026 : cotisations approximées (~80 % du net en assimilé salarié, ~45 % en TNS), hors impôt sur le revenu et hors dividendes. Le résultat réel dépend du niveau de rémunération, des planchers et de la réforme de l'assiette TNS ; il ne remplace pas un chiffrage sur mesure.

Point par point

Assimilé salarié vs TNS, dimension par dimension

Le net n'est qu'un aspect. C'est la protection — retraite, arrêt, invalidité — qui fait souvent la vraie différence sur la durée.

Assimilé (SAS)
TNS (SARL maj.)
Cotisations sociales
75-80 % du net
40-45 % du net
Retraite
Régime général + Agirc-Arrco
SSI, plus faible
Indemnités journalières
Proches du salarié
Plafonnées, carence
Prévoyance / invalidité
Plus complète
À compléter (Madelin)
Assurance chômage
Non
Non
Dividendes
Jamais chargés
Règle des 10 %

Aucun des deux statuts n'ouvre l'assurance chômage : une garantie sociale du chef d'entreprise (GSC) privée peut la remplacer, à un coût élevé.

Comment se détermine votre statut

Qui est TNS, qui est assimilé salarié ?

Ce n'est pas une option à cocher : le régime découle mécaniquement de la structure et de la détention.

SAS

Président : assimilé salarié

De plein droit, quelle que soit sa part au capital — même actionnaire à 100 %.

SARL

Gérant majoritaire : TNS

Plus de 50 % des parts, seul ou avec conjoint et enfants mineurs. Gérant minoritaire ou égalitaire : assimilé salarié.

EURL

Associé unique gérant : TNS

Comme la SELARL à gérance majoritaire, rattachée aux caisses des professions libérales.

Le réflexe TNS

Payer moins, mais compenser intelligemment

Le statut TNS n'est un bon calcul que si l'économie de cotisations sert vraiment à reconstruire la protection.

Retraite

PER et Madelin

Le gain de trésorerie finance un PER individuel (déductible) qui reconstitue les droits que la SSI n'apporte pas.

Prévoyance

Arrêt, invalidité, décès

Une prévoyance individuelle couvre les lacunes du régime : indemnités journalières et invalidité, souvent déductibles.

Nouveauté 2026

Réforme de l'assiette TNS

Depuis le 1er avril 2026, l'assiette unique (revenu brut × 0,74) transfère de la CSG vers la retraite : de meilleurs droits à coût quasi constant.

Cas concret

100 000 € de coût pour la société : quel net ?

À effort financier identique — 100 000 € supportés par l'entreprise — le net perçu diffère nettement selon le statut, tout comme la protection qui l'accompagne.

SAS — assimilé salarié
55 000 €
net, protection complète
SARL — gérant TNS
69 000 €
net, protection à compléter
Écart de net / an
14 000 €
en faveur du TNS
Sur 10 ans
140 000 €
à réaffecter (retraite, prévoyance)

Illustration simplifiée (cotisations approximées, avant impôt sur le revenu). Le TNS dégage plus de net immédiat ; encore faut-il en consacrer une part à reconstituer la retraite et la prévoyance pour que l'écart soit un vrai avantage.

Pour qui

Quel statut pour quel profil ?

Il n'y a pas de bon statut dans l'absolu : il y a celui qui colle à vos priorités et à votre horizon.

Vous privilégiez la protection

Retraite solide, couverture en cas d'arrêt, sérénité : l'assimilé salarié (SAS) reste le plus protecteur, malgré son coût.

Vous privilégiez le net

Vous savez piloter votre épargne et votre prévoyance : le TNS (SARL/EURL) libère de la trésorerie à réinvestir efficacement.

Vous distribuez des dividendes

La SAS évite la règle des 10 % : un vrai atout pour un dirigeant qui se rémunère beaucoup en dividendes.

Bonnet & Doyen Conseil

Le bon statut, c'est celui qui sert votre stratégie.

Nous comparons net, protection et coût selon votre forme de société, puis calibrons les compléments (PER, prévoyance) pour que votre statut travaille pour vous.

Être rappelé
Questions fréquentes

Statut social du dirigeant : vos questions

L'assimilé salarié relève du régime général de la Sécurité sociale (comme un cadre) : cotisations élevées mais protection complète et retraite Agirc-Arrco. Le TNS relève de la Sécurité sociale des indépendants : cotisations plus faibles, donc plus de net, mais une protection maladie, prévoyance et retraite moins généreuse. Aucun des deux n'ouvre l'assurance chômage.

Non. Le président de SAS ou de SASU est assimilé salarié de plein droit, affilié au régime général, même s'il détient 100 % du capital. Il cotise comme un cadre (hors chômage) et bénéficie de la même couverture maladie, prévoyance et retraite de base et complémentaire.

Dès lors qu'il est gérant majoritaire, c'est-à-dire qu'il détient plus de 50 % des parts, seul ou avec son conjoint et ses enfants mineurs. Un gérant minoritaire ou égalitaire (50 % ou moins) est, lui, assimilé salarié.

En ordre de grandeur 2026 : les cotisations du TNS représentent environ 40 à 45 % de la rémunération nette, contre 75 à 80 % pour un assimilé salarié (charges patronales et salariales comprises). Pour un même net de 60 000 €, le coût pour l'entreprise est d'environ 86 000 € en TNS contre 110 000 € en assimilé.

Non, ni en SAS ni en SARL : le mandat social n'ouvre pas droit à l'assurance chômage. Le mythe « SAS = chômage » est faux. Pour se couvrir, il faut souscrire une garantie sociale du chef d'entreprise (GSC) privée, dont le coût est élevé.

L'assimilé salarié acquiert généralement de meilleurs droits, grâce à la retraite complémentaire Agirc-Arrco. Le TNS cotise moins, mais accumule des droits plus faibles, surtout sur les hautes rémunérations : il est vivement conseillé de compléter par un PER individuel et une prévoyance.

Depuis le 1er avril 2026, les indépendants relèvent d'une assiette unique de cotisations (revenu brut × 0,74, soit un abattement de 26 %). L'objectif est une neutralité du prélèvement total, avec un transfert mécanique de la CSG vers les cotisations retraite : à coût quasi constant, les droits à la retraite s'améliorent.

C'est possible pour un président de SAS, à condition d'un contrat correspondant à des fonctions techniques réelles et distinctes du mandat, avec un lien de subordination. En revanche, c'est impossible pour un gérant majoritaire de SARL : la règle est absolue.

Un TNS doit se verser au moins 7 212 € bruts sur l'année (environ 1 803 € par trimestre en 2026) pour valider ses quatre trimestres de retraite. Se rémunérer uniquement en dividendes peut donc créer une « année blanche » côté retraite.

Cela dépend de vos priorités. Le TNS maximise le net immédiat mais suppose de reconstruire soi-même sa protection ; l'assimilé salarié coûte plus cher mais sécurise davantage. Le choix se raisonne à coût total pour l'entreprise, en intégrant vos objectifs de retraite, votre besoin de protection et votre stratégie de dividendes.

ORIAS

Bonnet & Doyen Conseil est enregistré auprès de l'ORIAS sous le numéro 22001113.

CNCGP

Bonnet & Doyen Conseil, conseiller en investissements et courtier en assurance, est adhérent de la CNCGP, association professionnelle agréée par l'AMF et l'ACPR.