Investir en private equity : définition
Le private equity, aussi appelé capital-investissement, consiste à investir dans des entreprises non cotées en Bourse. Contrairement aux actions cotées, ces investissements ne sont pas accessibles via les marchés financiers traditionnels.
Une entreprise non cotée peut être une startup en phase de lancement, mais aussi une société mature, rentable et solidement implantée dans son secteur. Le fait de ne pas être cotée ne préjuge en rien de sa qualité ou de sa taille.
Dans la grande majorité des cas, investir en private equity se fait via des fonds spécialisés, qui sélectionnent, financent et accompagnent les entreprises avant d’organiser leur revente après plusieurs années.
Les principales stratégies du private equity
Le capital-risque (Venture Capital)
Le capital-risque cible des entreprises très jeunes, souvent innovantes, sans historique de rentabilité. Le potentiel de gain peut être très élevé, mais le risque de perte en capital est important, car de nombreux projets échouent.
Cette stratégie est réservée aux investisseurs capables d’assumer une forte volatilité et une incertitude élevée.
Le capital-développement
Le capital-développement concerne des entreprises déjà établies, disposant d’un modèle économique validé, mais ayant besoin de capitaux pour accélérer leur croissance. Le niveau de risque est intermédiaire, tout comme le potentiel de rendement.
Le LBO (Leveraged Buy-Out)
Le LBO est aujourd’hui la stratégie la plus répandue en private equity. Elle consiste à prendre une participation majoritaire dans une entreprise mature et rentable, en combinant fonds propres et dette bancaire.
L’objectif est d’améliorer la performance opérationnelle de l’entreprise, de structurer sa croissance et d’organiser une sortie à horizon 4 à 6 ans, avec une création de valeur significative.
Performance du private equity : que peut-on attendre ?
Historiquement, le private equity a affiché des performances supérieures aux marchés actions cotés. Selon les données de France Invest, la performance annualisée moyenne du private equity s’est située autour de 13 à 14 % sur longue période.
À titre de comparaison, l’indice MSCI World, représentatif des grandes capitalisations mondiales cotées, affiche une performance annualisée proche de 8 à 9 % sur plusieurs décennies.
Toutefois, il est essentiel de souligner que la performance du private equity est très dispersée. Les écarts entre les meilleurs fonds et les moins performants sont considérables. Une étude de JP Morgan Asset Management montre que les fonds du premier quartile peuvent générer plus de 20 % de performance annualisée, tandis que les fonds du dernier quartile peuvent à peine dépasser des rendements sans risque.
La sélection des fonds et des équipes de gestion est donc déterminante.
Pourquoi investir en private equity ?
Une source de diversification patrimoniale
Investir en private equity permet d’accéder à un univers économique largement absent des marchés cotés. Une grande majorité des entreprises générant un chiffre d’affaires significatif ne sont pas cotées en Bourse.
Cette caractéristique permet une diversification réelle, tant sectorielle que géographique, et une moindre dépendance aux grandes capitalisations boursières.
Un alignement des intérêts avec les gérants
Les fonds de private equity fonctionnent avec un mécanisme de rémunération appelé carried interest. Les équipes de gestion ne perçoivent une part significative de leur rémunération que si les objectifs de performance sont atteints.
Cet alignement d’intérêts constitue un avantage structurel par rapport à de nombreux investissements financiers traditionnels.
Un investissement discipliné dans le temps
Les fonds de private equity fonctionnent généralement par appels de fonds étalés sur plusieurs années. Cette mécanique permet de lisser les points d’entrée dans le temps et de limiter l’impact du mauvais timing.
Elle contribue également à réduire les biais comportementaux des investisseurs, largement documentés par des études de Fidelity.
Les risques et contraintes du private equity
Une illiquidité structurelle
Le private equity est un investissement illiquide. Les capitaux sont immobilisés pendant plusieurs années, souvent entre 8 et 10 ans. Il n’est donc pas adapté à des besoins de liquidité à court terme.
Un risque de perte en capital
Comme tout investissement en actions, le private equity comporte un risque de perte partielle ou totale du capital investi. Les performances passées ne garantissent jamais les performances futures.
La courbe en J
Les premières années d’un fonds de private equity sont souvent marquées par une performance négative ou neutre, avant que la création de valeur ne se matérialise. Ce phénomène doit être anticipé par l’investisseur.
Une démocratisation à encadrer
L’essor du private equity a vu apparaître de nombreux véhicules accessibles avec de faibles tickets d’entrée. Certains sont pertinents, d’autres cumulent des couches de frais élevées qui peuvent fortement pénaliser la performance finale.
Une analyse approfondie des supports d’investissement est indispensable.
Quelle place pour le private equity dans une allocation patrimoniale ?
Le private equity n’a pas vocation à constituer le cœur d’une allocation patrimoniale. Il s’agit d’un investissement de diversification, à intégrer de manière mesurée.
En pratique, il est généralement pertinent à partir d’un patrimoine financier d’au moins 500 000 à 1 million d’euros, avec une allocation comprise entre 10 et 20 % maximum. L’horizon d’investissement doit être long et la capacité à immobiliser des capitaux clairement identifiée.
Conclusion : investir en private equity avec méthode
Investir en private equity peut constituer un levier puissant de diversification et de performance à long terme, à condition d’en maîtriser les règles, les contraintes et les risques. Ce n’est ni un placement miracle, ni un simple effet de mode, mais une classe d’actifs exigeante qui doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale globale et cohérente.
Pour aller plus loin, retrouvez notre épisode de L’Art de la Gestion Patrimoniale et Financière, consacré au private equity, réelle opportunité d’investissement ou simple effet de mode.
Dans cet épisode, Jérémy Doyen reçoit Axel Gaudet, expert financier du cabinet Bonnet & Doyen Conseil, ainsi que Yanis Kessi, responsable des relations partenaires chez Altaroc. Ensemble, ils reviennent sur les fondamentaux du private equity, ses différentes stratégies d’investissement, ses impacts patrimoniaux et les points de vigilance à connaître avant d’y consacrer une partie de son patrimoine.
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FAQ – Investir en Private Equity
Quels sont les risques principaux du private equity pour un particulier ?
Le private equity comporte principalement un risque de perte en capital, une illiquidité élevée et une forte dispersion des performances entre les fonds. Les capitaux sont immobilisés sur plusieurs années et certaines entreprises peuvent échouer. La sélection des gérants est donc un facteur clé pour maîtriser le risque.
Quel montant minimum pour investir en private equity en France en 2025 ?
En France, en 2025, le montant minimum pour investir en private equity est généralement de 100 000 euros, investis progressivement via des appels de fonds sur plusieurs années. Certaines solutions proposent des tickets plus faibles, mais elles impliquent souvent des frais plus élevés et une sélection plus limitée des fonds.
Comment comparer fonds de LBO, capital-développement et venture capital ?
Les fonds de venture capital offrent un fort potentiel de rendement mais un risque élevé. Le capital-développement présente un profil intermédiaire. Les fonds de LBO investissent dans des entreprises matures et rentables, avec un meilleur équilibre entre risque et visibilité. Pour les particuliers, le LBO est souvent la stratégie la plus adaptée.
Quels avantages fiscaux pour investir en PME non cotées ?
Investir dans des PME non cotées peut permettre une réduction d’impôt sur le revenu et, sous conditions de durée, une fiscalité allégée sur les plus-values. Ces avantages dépendent du cadre juridique utilisé. La fiscalité doit rester un complément et non le principal moteur de l’investissement.
Comment évaluer la performance d’un fonds de private equity ?
La performance d’un fonds de private equity s’évalue principalement à l’aide du TRI, du multiple investi (TVPI) et du classement par quartile. Selon les données de France Invest, les fonds du premier quartile surperforment largement la moyenne du marché.










