Qu’est-ce qu’une holding ?
Une holding est tout simplement une société qui détient des titres d’autres sociétés. Le terme vient de l’anglais “to hold”, qui signifie détenir. Contrairement à une idée très répandue, la holding n’est pas une forme juridique. Il n’existe pas de “statut holding” au sens légal. Une holding peut prendre différentes formes juridiques comme une SAS, une SARL ou une société civile, selon sa vocation et son activité.
Dans la majorité des cas, la holding est interposée entre le dirigeant, en tant que personne physique, et la ou les sociétés d’exploitation. Elle peut avoir un objet social très limité, comme la détention de titres, ou au contraire un objet plus large incluant des prestations de services, de la gestion de groupe, voire des investissements patrimoniaux immobiliers ou financiers.
Si le mot holding revient autant, c’est parce qu’il est associé à des notions très attractives pour les entrepreneurs : optimisation fiscale, réinvestissement des bénéfices, préparation de la retraite, transmission du patrimoine professionnel et structuration d’un groupe de sociétés.
Quelle est la différence entre une holding passive, une holding active et une holding animatrice ?
C’est l’une des questions les plus fréquentes et aussi l’une des plus mal comprises. Toutes les holdings ne se ressemblent pas, et surtout, toutes ne bénéficient pas des mêmes régimes fiscaux de faveur.
Une holding passive se contente généralement de détenir des titres et de percevoir des dividendes. Elle n’exerce pas de véritable activité économique propre. Elle est souvent utilisée comme outil patrimonial pour faire remonter des flux financiers et les réinvestir.
Une holding active peut exercer une activité réelle, comme la gestion de participations ou la détention de mandats sociaux dans ses filiales, sans pour autant remplir les critères stricts de la holding animatrice.
La holding animatrice, quant à elle, est un statut fiscal très spécifique. Elle ne se décrète pas, elle se prouve. Pour être reconnue comme animatrice par l’administration fiscale, la holding doit participer activement à la conduite de la politique du groupe et rendre des services effectifs à ses filiales, tels que des services administratifs, juridiques, comptables ou financiers. Elle doit démontrer une véritable activité d’animation, considérée comme commerciale.
Cette distinction est essentielle, car de nombreux régimes fiscaux de faveur, notamment en matière de transmission et d’IFI, sont conditionnés à la qualification de holding animatrice. Une mauvaise qualification peut entraîner des redressements fiscaux lourds de conséquences.
Quel statut juridique choisir pour créer une holding en 2026 ?
Le choix de la forme juridique de la holding est une question centrale et très recherchée par les entrepreneurs. Il n’existe pourtant aucune réponse universelle.
Le premier critère à analyser est la nature de l’activité de la holding. Si la holding exerce une activité commerciale, notamment en facturant des prestations de services à ses filiales, une société civile est exclue. Il faudra alors s’orienter vers une SAS ou une SARL.
Le deuxième critère concerne le nombre d’associés. Une holding unipersonnelle ne pourra pas être une société civile, qui nécessite au minimum deux associés. Dans ce cas, le choix se portera généralement sur une SASU ou une EURL.
Le statut social du dirigeant, la stratégie de rémunération, la présence ou non d’autres associés, l’épargne salariale, la protection sociale ou encore les projets de transmission sont autant d’éléments qui influencent ce choix. En pratique, il n’existe pas de schéma préconçu. C’est précisément pour cette raison que la création d’une holding sans conseil personnalisé est souvent une erreur.
Pourquoi dit-on que la holding est l’ennemi numéro un des impôts ?
Cette expression, très populaire sur les réseaux sociaux, mérite d’être nuancée. La holding n’est pas un outil destiné à sortir de l’argent à moindre coût pour une consommation personnelle immédiate. Elle est avant tout un outil de capitalisation.
Si l’objectif est simplement de payer moins d’impôts pour ensuite se distribuer les fonds en dividendes, la holding devient inutile, voire contre-productive. Elle ajoute un étage de complexité, des coûts comptables et juridiques, et parfois un risque fiscal.
En revanche, lorsqu’elle est utilisée comme un véhicule de réinvestissement, la holding permet de conserver une capacité financière très importante pour développer de nouveaux projets, investir en immobilier, en finance ou racheter d’autres entreprises. C’est dans cette logique que la holding prend tout son sens.
Comment fonctionne le régime mère-fille et pourquoi est-il si recherché ?
Le régime mère-fille est sans doute le régime fiscal le plus connu associé à la holding. Il permet à une société holding de percevoir les dividendes de ses filiales avec une fiscalité extrêmement faible.
Concrètement, lorsque la holding détient au moins 5 % du capital d’une filiale soumise à l’impôt sur les sociétés, les dividendes remontés sont exonérés à hauteur de 95 %. Seule une quote-part de 5 % est réintégrée dans le résultat imposable de la holding, ce qui conduit à une imposition maximale d’environ 1,25 %.
Ce régime est particulièrement utilisé dans deux situations. D’une part, pour faire remonter des dividendes afin de les réinvestir dans de nouveaux projets. D’autre part, dans le cadre de montages de type LBO, pour rembourser une dette d’acquisition grâce aux flux de dividendes.
Là encore, tout l’intérêt réside dans le réinvestissement. Si les fonds sont redistribués au dirigeant, la fiscalité personnelle s’applique à nouveau.
À quoi sert l’intégration fiscale et dans quels cas est-elle vraiment pertinente ?
L’intégration fiscale est un régime plus complexe, souvent mal compris, mais très recherché par les groupes de sociétés. Elle permet de consolider les résultats bénéficiaires et déficitaires des filiales au niveau de la holding.
Pour bénéficier de ce régime, la holding doit détenir au moins 95 % de ses filiales. Les résultats de l’ensemble du groupe sont alors agrégés, ce qui permet de compenser les bénéfices et les pertes et de réduire la charge globale d’impôt sur les sociétés.
Ce régime est particulièrement pertinent pour des groupes de taille significative, avec plusieurs sociétés commerciales et des écarts importants de résultats. En revanche, il entraîne une lourdeur administrative et des coûts de mise en place qui le rendent peu adapté aux petites structures.
Comment fonctionne le régime des plus-values sur titres de participation ?
Le régime des titres de participation est un autre mécanisme clé souvent ignoré par les entrepreneurs. Il concerne la cession de titres de filiales détenues par la holding.
Lorsque certaines conditions sont remplies, notamment une détention minimale de deux ans et un seuil de participation, la plus-value réalisée par la holding lors de la cession est quasi exonérée. Seule une quote-part de 12 % est imposée à l’impôt sur les sociétés, soit une fiscalité maximale d’environ 3 %.
Ce régime est un outil majeur dans les stratégies de développement, de cession et de réallocation du capital. Là encore, il prend tout son sens lorsque les sommes restent dans la holding pour être réinvesties.
La holding permet-elle vraiment d’optimiser la rémunération du dirigeant ?
La holding peut être un levier puissant d’optimisation de la rémunération, notamment lorsqu’elle est utilisée pour centraliser les mandats de direction et permettre au dirigeant de piloter sa rémunération de manière plus fine.
Dans certains montages, la holding perçoit des honoraires de direction facturés aux filiales, ce qui permet au dirigeant de se rémunérer sous le statut de travailleur non salarié. Cela peut générer des écarts significatifs de revenus nets à rémunération brute équivalente.
Cependant, ce type de montage dépend de nombreux paramètres, notamment la situation familiale, la protection sociale, les projets futurs et les contraintes juridiques. Il n’existe pas de solution universelle.
La holding est-elle un outil incontournable pour préparer la transmission avec le pacte Dutreil ?
Le pacte Dutreil est l’un des dispositifs les plus puissants pour transmettre une entreprise en bénéficiant d’une exonération de 75 % de la base taxable aux droits de donation ou de succession.
Lorsque la holding est qualifiée d’animatrice, elle peut bénéficier pleinement de ce régime. En revanche, lorsqu’elle est passive, l’exonération ne s’applique que proportionnellement à la part d’actifs opérationnels détenus.
La mise en place d’un pacte Dutreil est complexe, encadrée par des engagements stricts et nécessite une anticipation de plusieurs années. Là encore, la holding peut être un formidable outil, à condition d’être structurée correctement en amont.
Conclusion : faut-il créer une holding en 2026 ?
La holding n’est ni une solution miracle ni un outil réservé aux très grandes entreprises. En 2026, elle reste un levier majeur de structuration patrimoniale pour les entrepreneurs qui souhaitent réinvestir, préparer leur retraite et organiser la transmission de leur patrimoine.
Mais une chose est certaine, créer une holding sans vision, sans objectif clair et sans accompagnement est souvent une erreur coûteuse. La holding est un outil au service d’une stratégie globale, jamais une fin en soi.
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FAQ – Holding en 2026
Une holding permet-elle vraiment de payer moins d’impôts ?
Elle permet surtout de différer et d’optimiser la fiscalité dans une logique de réinvestissement, pas de réduire l’impôt personnel immédiat.
Peut-on créer une holding sans expert-comptable ou conseiller patrimonial ?
C’est possible juridiquement, mais fortement déconseillé compte tenu des enjeux fiscaux et patrimoniaux.
La holding est-elle utile pour un entrepreneur seul ?
Oui, mais uniquement si elle s’inscrit dans une stratégie de capitalisation ou de développement à moyen ou long terme.
Faut-il obligatoirement une holding animatrice pour bénéficier du pacte Dutreil ?
Non, mais l’exonération sera alors partielle et proportionnelle aux actifs opérationnels.
La holding est-elle intéressante pour investir en immobilier ?
Elle peut l’être dans certains montages, mais ce n’est pas toujours la meilleure solution selon les objectifs.
À partir de quel niveau de bénéfices une holding devient-elle pertinente ?
Il n’existe pas de seuil universel, tout dépend de la stratégie, du rythme de réinvestissement et des objectifs patrimoniaux.










